Marseille face à la Grande Peste : épisode 8 du podcast La Peste
En juin 1720, le navire Grand-Saint-Antoine, en provenance de Syrie, atteint Marseille, marquant le début d’une épidémie de peste qui ravagera la ville en quelques mois. Vincent Charpentier, avec l’expertise du paléopathologiste Olivier Dutour et de l’archéologue Michel Signoli, décrit comment la cité phocéenne se retrouve rapidement débordée par la maladie.
Marseille, un carrefour maritime
Le Grand-Saint-Antoine a échappé à la quarantaine en raison de l’empressement des marchands à écouler rapidement les tapis et autres marchandises à bord. Malgré un dispositif de protection rigoureux, comprenant la mise en quarantaine des passagers et des biens, la peste se propage dans les quartiers les plus anciens et déshérités de la ville.
Une levée de quarantaine aux conséquences tragiques
Dès septembre 1720, l’épidémie devient manifeste et les autorités locales se trouvent dépassées par l’ampleur des ravages. En l’espace de deux ans, la maladie causera la mort de 40 000 personnes à Marseille et plus de 100 000 en Provence. De nouveaux charniers sont creusés chaque jour, tandis que les corps s’accumulent dans les rues. Des hôpitaux sont établis pour tenter de freiner cette hécatombe. Ce drame marquera durablement la mémoire collective des Marseillais, un traumatisme transmis de génération en génération.
Article par Vincent Charpentier, avec Olivier Dutour et Michel Signoli. Réalisation : Didier Lagarde. Extrait de Mémoire d’hommes – La Grande peste de Marseille, première diffusion le 27 octobre 1997. Édition web Documentation de Radio France.

