La France rejoint le projet du plus grand radiotélescope du monde
Publié le 04/06/2026 à 14h04
La France a officiellement intégré, ce jeudi 4 juin, le consortium qui pilote le projet du Square Kilometre Array Observatory (SKAO), le plus grand radiotélescope du monde dédié à l’étude des origines de l’univers. Ce projet, qui est en cours de construction en Afrique du Sud et en Australie, compte désormais 14 pays participants.
Le SKAO vise à explorer les confins de l’univers, remontant à plus de treize milliards d’années, période durant laquelle se sont formées les premières étoiles et galaxies à partir d’un vaste nuage de gaz neutre. En Afrique du Sud, près de 200 antennes paraboliques de 13 à 15 mètres de diamètre seront déployées sur des centaines de kilomètres dans le désert du Karoo. Simultanément, environ 130 000 petites antennes seront installées dans des zones isolées d’Australie. L’ensemble de ces installations constituera une immense « oreille » capable de capter les signaux radio les plus faibles provenant de l’univers profond.
Un des objectifs principaux du radiotélescope est d’étudier l’époque de la « réionisation », lorsque les premières sources lumineuses ont transformé le gaz neutre primordial. Benjamin Magnelli, astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), souligne que SKAO permettra de cartographier et de comprendre l’évolution des bulles d’ionisation créées par ces premières étoiles et galaxies.
Contrairement aux télescopes optiques, le radiotélescope capte les ondes électromagnétiques dans le domaine radio, offrant une perspective complémentaire de l’univers. En rejoignant le consortium, la France accède à des temps d’observation privilégiés pour ses chercheurs, avec les premières campagnes scientifiques prévues à partir de 2027.
L’intention de la France de rejoindre le SKAO avait été annoncée par Emmanuel Macron lors d’une visite d’État en Afrique du Sud en 2021. Jean-Luc Moullet, directeur général de la recherche et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur, a déclaré que cette collaboration internationale illustre les capacités d’action collective des pays au-delà de ce que chacun pourrait réaliser individuellement.
Source : franceinfo
