Pourquoi la France ne fait pas appel au Be-200, bombardier d’eau russe, dans la lutte contre les incendies
Alors que près de 120 000 hectares ont déjà été brûlés depuis le début de l’année 2026, des critiques émergent concernant le manque de moyens consacrés à la lutte contre les incendies en France. Parmi les solutions évoquées, un internaute a suggéré que la France devrait demander de l’aide à la Russie, en particulier pour utiliser le Be-200, un bombardier d’eau capable de larguer 12 000 litres d’eau en quelques secondes, contre environ 6 000 litres pour les Canadairs CL-415 actuellement utilisés par les services français.
Les incendies ont engendré des conséquences dramatiques, notamment l’évacuation de 220 000 personnes en Gironde et la perte tragique de quatre pompiers. Cette situation, exacerbée par le dérèglement climatique, met en lumière les défis auxquels la France est confrontée.
Cependant, les informations relayées par l’internaute sont inexactes. Tout d’abord, il n’existe pas de commande de 16 Canadairs qui aurait été annulée. De plus, le Be-200 a été testé par les autorités françaises en 2011, mais les résultats n’ont pas été convaincants, ce qui a conduit à un refus d’acquisition.
Depuis le début des incendies, les partis politiques se rejettent mutuellement la responsabilité de l’impréparation face aux incendies. L’Union européenne a, en été 2024, réalisé une commande groupée de Canadairs, avec un total de 22 appareils achetés, dont 12 seront intégrés à la flotte permanente de rescEU, mobilisable lorsque les capacités nationales ne suffisent plus.
La France recevra deux DHC-515 en février 2028, qui viendront compléter la flotte existante. Actuellement, la flotte française comprend 12 Canadairs CL-415 et 8 Dash 8 Q400-MR, ainsi que d’autres moyens aériens.
L’idée d’un prêt du Be-200 à la France est également infondée. Les tests de 2011 ont révélé une consommation de carburant jugée trop élevée, ce qui a limité la charge utile. De plus, les relations entre la France et la Russie étaient moins tendues à l’époque des essais, une situation qui a changé depuis l’invasion de l’Ukraine.
En résumé, la France ne fait pas appel au Be-200 en raison d’une combinaison de considérations techniques, d’une absence de commande formelle, et de tensions géopolitiques qui rendent un tel partenariat peu probable.
Source : Ministère de l’Intérieur, La Voix du Nord, Les Surligneurs.

