Cloud de combat : face à Palantir, la France veut faire émerger un champion national des logiciels militaires
Derrière Arcadia, un enjeu économique de souveraineté numérique
La dépendance technologique ne concerne plus uniquement les composants électroniques, les semi-conducteurs ou les services de cloud. Elle touche désormais le cœur du commandement militaire. Les plateformes développées par Palantir permettent de centraliser des informations provenant de nombreuses sources, telles que des images satellitaires, des vidéos de drones et des données radar. L’intelligence artificielle facilite l’identification d’informations importantes, accélérant ainsi la préparation des opérations militaires.
Pour la France, l’acquisition d’une solution existante pourrait sembler plus simple et moins coûteuse à court terme. Cependant, cela soulève des questions sur la maîtrise des données militaires et la dépendance à un fournisseur étranger. Le projet Arcadia vise à fournir aux armées françaises un environnement numérique souverain, capable d’intégrer divers outils de commandement et applications d’intelligence artificielle. Ce projet se heurte à des défis, car Palantir reste sans concurrent direct sur l’ensemble de ses capacités.
Le coût caché de la modernisation des systèmes militaires français
Le principal obstacle au développement d’Arcadia réside dans l’organisation des données déjà utilisées par les armées. Les différentes branches militaires ont développé de nombreux logiciels qui ne communiquent pas toujours efficacement entre eux. Une plateforme comme Arcadia nécessite des données fiables et rapidement accessibles pour fonctionner efficacement.
Cette transformation représente un chantier industriel à long terme. Le programme Artemis.IA, lancé en 2022, a pour but de créer un environnement capable de traiter de grandes quantités de données militaires. Arcadia devra s’appuyer sur une infrastructure modernisée pour relier les informations disponibles tout en maintenant les protections liées au secret de la Défense.
En outre, la France doit s’asr que le système Arcadia soit compatible avec les outils utilisés au sein de l’Otan, notamment le Maven Smart System, afin de préserver son autonomie technologique tout en facilitant l’échange d’informations avec ses partenaires.
Le calendrier est ambitieux : une première capacité est attendue dans les états-majors à partir de la fin de l’année 2027, avec un développement plus large prévu dans les années suivantes.
Le succès d’Arcadia sera mesuré sur sa capacité à répondre aux besoins opérationnels, à protéger les informations sensibles et à fonctionner avec les outils des alliés. Pour la France, il s’agit de déterminer qui contrôlera les technologies utilisées pour analyser les données militaires et soutenir les décisions sur le champ de bataille.
Source : BFM Business