À l’occasion d’un changement de direction à l’Agence française de développement (AFD), où Rémy Rioux doit céder sa place à Christophe Lecourtier, jusqu’ici ambassadeur au Maroc, un collectif s’est exprimé dans une tribune publiée sur le site du Monde le 16 mars, critiquant les récentes baisses de l’Aide publique au développement (APD). Le texte, signé par un ancien directeur général de la Banque mondiale et plusieurs députés de droite, souligne que « L’aide au développement n’est pas une question de générosité », mais constitue « un instrument central de l’influence française » et de « soutien à nos entreprises ».
La notion de « générosité » semble de plus en plus éloignée, alors que l’APD est en cours de redéfinition suite à une réduction d’un tiers de son enveloppe allouée par l’État en 2025, une tendance qui devrait se poursuivre en 2026. L’AFD a compensé cette baisse par divers cofinancements, comme l’indique Jeune Afrique (11/03/2026). En 2025, les dons ont représenté 10 % de son activité, contre 20 % l’année précédente, tandis que 90 % des financements restants étaient des prêts. Les pays ndettés sont délaissés au profit de nations aux économies solides telles que le Maroc, l’Égypte et le Kenya. De plus, l’AFD a réduit son intervention dans les domaines de la santé et de la protection sociale de 24 %, ainsi que dans la formation professionnelle et l’éducation de 49 %. En revanche, les allocations pour l’énergie ont augmenté de 29 %, tout comme celles pour la gouvernance et la gestion des migrations, qui ont crû de 75 %. Christophe Lecourtier, ancien conseiller de Sarkozy et Lagarde, ne devrait pas modifier cette orientation.
Source : Le Monde, Jeune Afrique.