La FIFA abandonne son projet d’investissements privés face aux critiques
Cerné par les critiques, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a annoncé samedi l’abandon du projet d’ouverture de l’association à des investisseurs privés, qui soulevait des inquiétudes quant à une marchandisation du football et des soupçons de conflits d’intérêt.
« Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions (.) qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial », a déclaré Gianni Infantino dans un communiqué. Ce dernier, déjà fragilisé par la récente démission de son conseiller principal, Carlos Cordeiro, a ajouté : « Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue. »
Le plan, présenté le 28 juillet, visait à mobiliser 10 milliards de dollars pour le développement du football au cours des quatre prochaines années. Il prévoyait la création de la FIFA Forward Enterprise (FFE), une société ouverte aux investisseurs privés, chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l’instance mondiale du football. Cette initiative avait suscité de vives inquiétudes quant à la préservation de l’intégrité des compétitions.
La contestation a pris de l’ampleur, notamment avec la menace de boycott des Coupes du monde par l’UEFA, suivie par la position affirmée de la Confédération asiatique (AFC) et la démission de Cordeiro. Ce dernier avait exprimé que « vendre une participation permanente dans l’actif le plus précieux du football pour lever 4,2 milliards de dollars n’avait guère de sens », qualifiant cela d’hypothèque sur l’avenir du football.
La Concacaf, représentant 41 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a également rejeté la proposition. L’AFC a soutenu les positions de l’UEFA et de la Concacaf, affirmant que le projet de la FFE ne pouvait pas obtenir le consensus nécessaire pour avancer. De plus, la confédération a appelé à une révision urgente du cadre de gouvernance de la FIFA.
Les confédérations africaines et océaniennes ont adopté une posture moins critique, incitant leurs membres à évaluer le projet. La Conmebol a demandé des clarifications sur divers aspects de l’initiative, appelant à l’unité dans le football.
Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a qualifié le projet de « proposition scandaleuse » et a critiqué Gianni Infantino comme étant « la mauvaise personne pour diriger » le football mondial.
Source : RFI


