États-Unis : la Fed n'exclut pas une hausse des taux face à l'inflation

États-Unis : la Fed n’exclut pas une hausse des taux face à l’inflation

La Réserve fédérale américaine (Fed) a signalé, mercredi 17 juin, la possibilité d’un durcissement de sa politique monétaire en réponse à l’inflation, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui avait nommé Kevin Warsh à la tête de l’institution.

À l’issue de deux jours de réunion, la banque centrale a décidé de maintenir ses taux d’intérêt entre 3,50 % et 3,75 %, niveaux en vigueur depuis décembre. Cependant, les marchés financiers ont été surpris par les prévisions indiquant qu’un relèvement des taux pourrait survenir d’ici la fin de l’année. Cette décision est en grande partie attribuée à la hausse des prix de l’énergie, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, avec une inflation atteignant son plus haut niveau en trois ans aux États-Unis.

Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, a choisi de ne pas s’étendre sur la possibilité d’une hausse, affirmant ne pas croire aux prévisions économiques. Toutefois, il a rassuré en déclarant que la Fed ne permettra pas à l’inflation de déraper sous sa présidence. « L’inflation dépasse largement l’objectif de 2 % fixé de longue date par la Fed. Cette situation perdure depuis plus de cinq ans. La hausse persistante des prix pèse lourdement sur les Américains », a-t-il déclaré lors de sa première conférence de presse.

Donald Trump, qui avait critiqué le prédécesseur de Warsh, Jerome Powell, pour sa rigidité, a adopté une attitude conciliatrice. Réagissant à la décision de la Fed, il a déclaré depuis la France que le statu quo monétaire était acceptable, tout en exprimant des doutes quant à une éventuelle hausse des taux.

Pour l’économiste Diane Swonk du cabinet KPMG, « la Fed est prête à relever ses taux, c’est clair ». Les membres de la Fed ont actualisé leurs prévisions économiques, indiquant que les taux directeurs pourraient se situer entre 3,75 % et 4 % d’ici la fin de l’année. Ils prévoient également une augmentation des prix de 3,6 % sur un an d’ici fin 2026, ainsi qu’un ralentissement de la croissance à 2,2 %.

Kevin Warsh, en vue de sa nomination, a exprimé son scepticisme envers les prévisions économiques, qu’il considère comme potentiellement contre-productives. Il semble vouloir réformer le fonctionnement et la communication de l’institution, annonçant la création de cinq groupes de travail.

Avec AFP

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