Le problème des fonds zombie continue de s’aggraver
Les fonds zombie, qui représentent une menace persistante pour l’économie mondiale, n’ont montré aucun signe d’amélioration. Selon Pitchbook, à la fin de 2025, environ 40 % des entreprises détenues par des fonds de capital-investissement (private equity) aux États-Unis étaient détenues depuis sept ans ou plus. Ce chiffre représente la troisième hausse consécutive et atteint le niveau le plus élevé depuis 2016, avec plus de 860 milliards de dollars de valeur nette d’actifs concernés.
Pourquoi les fonds zombie inquiètent
Les fonds zombies se caractérisent par des entreprises qui génèrent suffisamment de trésorerie pour survivre, mais qui n’affichent ni croissance, ni remboursement de dettes, ni rendement pour les investisseurs. Cela les maintient dans les portefeuilles plus longtemps que prévu, impactant ainsi la stabilité économique. Ces fonds détiennent un capital illiquide, ce qui les contraint à se refinancer, augmentant leur endettement au fil du temps.
Les analystes de Pitchbook soulignent que chaque report de paiement augmente le poids de la dette, tandis que la possibilité de générer de la valeur se réduit. De plus, ces fonds posent un problème d’opacité : tant que les participations ne sont pas vendues, elles sont évaluées selon des modèles internes optimistes, créant un risque de valorisation fantôme.
Enfin, il existe un risque de contagion systémique, car une partie significative de la dette des fonds est de la dette privée. Si ces fonds commencent à faire faillite, leurs pertes pourraient se répercuter sur leurs créanciers, entraînant un effet domino dans le système financier.
L’origine des fonds zombie
L’émergence des fonds zombie remonte à 2022, lorsque les taux d’intérêt ont été augmentés pour lutter contre l’inflation, affectant le modèle de financement basé sur des taux bas. Cela a asséché le marché des introductions en bourse, privant les fonds de leur principal moyen de générer des liquidités. Parallèlement, la sortie de la période Covid a laissé des fonds avec des investissements dans des entreprises technologiques à des valeurs très élevées, rendant difficile leur liquidation.
L’essor du marché secondaire
Malgré les risques, les fonds zombie peuvent également créer des opportunités. Ils alimentent un marché secondaire où les parts de fonds existants peuvent être revendues. Cela permet aux investisseurs de récupérer une partie de leur liquidité, même à une décote, tout en offrant aux acheteurs la possibilité d’acquérir des actifs à des prix intéressants.
Selon Brian Payne, le risque que ces entreprises se retrouvent en défaut de paiement pourrait avoir des répercussions systémiques, mais il estime que ce risque est limité étant donné la nature illiquide de ces portefeuilles.
Source : Pitchbook

