Alsace. La culture des piments forts se développe, portée par la mode des sauces piquantes

La culture des piments forts en Alsace : une tendance en pleine expansion

À Sélestat, Denis Digel, maraîcher et maire, a fait du piment sa spécialité. « C’est la seule chose que je produis, mais que je ne mange pas. J’ai testé, bien entendu. Mais, non ! Définitivement, non. Ils sont trop forts pour moi », confie-t-il en montrant ses plants de piments cultivés dans une serre tunnel.

Actuellement, il cultive un millier de plants, dont des variétés extrêmes telles que le « jolokia », l' »habanero » et le « carolina reaper », réputé pour être l’un des piments les plus puissants au monde. Selon lui, pas besoin de fongicides ou de pesticides : « Ils sont tellement forts que même les doryphores ne s’approchent pas. »

La culture des piments, qui a débuté pour lui avec le « cayenne », a pris de l’ampleur depuis 2019, lorsqu’il s’est lancé dans des variétés plus puissantes. Il souligne que leur culture est relativement simple : « Une fois plantés, on les laisse vivre leur vie. On les arrose juste de temps en temps. Ils demandent avant tout de la chaleur. »

Une mini-filière en développement

La coopérative des Maraîchers réunis de Sélestat, dont fait partie Denis Digel, a récemment mis en place une « mini-filière » pour développer la culture de ces piments. L’an dernier, ils ont récolté trois tonnes de piments, un volume qu’ils espèrent doubler dans les années à venir.

Nicolas Dochter, fondateur de la marque artisanale de sauces piquantes Hellicious, est le principal client de cette coopérative. Dochter souligne que le marché des sauces piquantes a connu une forte croissance, notamment depuis la pandémie de COVID-19, où de nombreux consommateurs se sont tournés vers des produits nouveaux pour diversifier leur cuisine.

Une tendance soutenue par les consommateurs

L’intérêt pour les sauces piquantes a également été renforcé par des émissions comme Hot Ones, où des personnalités goûtent des sauces de plus en plus piquantes. Ce phénomène a engendré des soirées à thème dans des bars et des défis sur les réseaux sociaux, contribuant à populariser l’utilisation de ces produits dans la cuisine quotidienne.

Éducation des palais et perspectives de marché

Alain Trautmann, patron d’Alélor, une entreprise spécialisée dans les moutardes et le raifort, note l’importance d’éduquer les consommateurs aux différentes saveurs des sauces piquantes. Les recettes avec un niveau de piquant modéré, mesuré entre 5 000 et 20 000 unités sur l’échelle de Scoville, semblent particulièrement populaires.

Selon une étude du cabinet Imarc Groupe, le chiffre d’affaires des sauces piquantes en France pourrait progresser de 4,4 % par an jusqu’en 2033, atteignant 217 millions d’euros, contre 147 millions d’euros neuf ans auparavant.

Cette dynamique témoigne d’une montée en puissance de la culture des piments en Alsace, répondant à une demande croissante pour des produits gastronomiques audacieux.

Source : La Lalsace

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