Au Kenya, la fibre de sisal : une culture résiliente et un pari économique
Dans le sud-est du Kenya, la culture du sisal attire de plus en plus de petits agriculteurs. Résistante à la sécheresse, cette fibre naturelle représente une alternative économique face aux défis agricoles contemporains.
Dans la région de Taita-Taveta, les champs de sisal s’étendent sur des hectares, majoritairement détenus par de grandes exploitations. Toutefois, des petits agriculteurs, comme Rachel Kilonzo, s’engagent également dans cette culture. Elle a planté ses premiers pieds il y a huit ans et bénéficie de récoltes deux fois par an. « Je pense que vous pouvez voir le sourire sur mon visage, parce que je me dis que la récolte approche. Et je sais que quand je récolterai, j’aurai de l’argent en poche », déclare-t-elle.
Cette région subit des sécheresses de plus en plus fréquentes, impactant les cultures traditionnelles de maïs et de légumineuses. Le sisal, en revanche, résiste à ces conditions climatiques. Rachel témoigne : « Le mien a huit ans. Je ne l’ai jamais arrosé et il n’a jamais séché. C’est donc très économique. »
Le Kenya exporte environ 95 % de sa production de sisal. La demande mondiale pour cette fibre naturelle est en pleine croissance. Paul Opee, directeur adjoint des conseils de service technique au sein de l’organisme public en charge de la régulation des cultures à fibres au Kenya, souligne : « Le premier producteur de sisal au monde est le Brésil, suivi de la Tanzanie, puis du Kenya. La demande mondiale est bien supérieure à l’offre, donc le secteur a encore un fort potentiel de croissance. »
Cependant, des contraintes d’investissement freinent le développement de cette culture. Bien que l’organisme public et la Taita Taveta Wildlife Association soutiennent les petits agriculteurs, l’agriculture à petite échelle ne représente toujours pas plus de 5 % de la production kényane. Paul Opee explique que la culture du sisal nécessite un investissement de temps : « Pour cultiver du sisal, il faut d’abord faire pousser un jeune plant dans une pépinière pendant environ deux ans. Après la plantation, il faut attendre trois ans avant la première récolte. »
Le coût des outils nécessaires pour extraire les fibres des feuilles de sisal constitue également un obstacle. Bien que le Kenya exporte principalement cette fibre, elle peut être transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, tels que des paniers, un savoir-faire traditionnel dans la région.
Source : RFI
