La culpabilité imaginaire est plus tenace que la faute
À Palm Beach, en août 1989, un drame se déroule lorsque Evan, âgé de douze ans, accompagne sa petite sœur Kelsie au port. Chargé de veiller sur elle, il est hanté par la disparition de celle-ci, un événement qui marquera sa vie à jamais. Des années plus tard, devenu chirurgien, Evan ne parvient pas à se libérer du poids de ce souvenir.
Dans son roman En ton âme et conscience, publié en 2018 chez Robert Laffont, l’auteure Claire Norton explore cette thématique du remords et de la culpabilité. Elle souligne que la véritable question réside dans la frontière entre responsabilité et culpabilité. Dans le premier épisode de la série L’été dans les pages, elle explique : « Ce qui m’intéressait, c’était la frontière entre la responsabilité et la culpabilité. » Evan, bien qu’il cherche à sauver les autres, doit faire face à son incapacité à réparer ce qui s’est brisé en lui.
Norton ne réduit pas le personnage à une simple faute. Elle met en lumière la difficulté d’accepter que certains événements échappent à notre contrôle. « Beaucoup de nos bless viennent de la culpabilité. Pas de nos fautes, parce qu’il y a une différence entre culpabilité et responsabilité, mais de notre difficulté à accepter que certaines choses nous aient échappé. » Cette culpabilité, souvent plus tenace que la faute elle-même, entrave le processus de reconstruction personnelle.
L’auteure, qui a travaillé dans une unité de soins palliatifs, évoque des moments d’une grande intensité humaine, où les patients lui ont transmis des leçons de vie précieuses. « Vous, vous allez avoir la chance de repartir sur vos deux jambes. Profitez de la vie. » Cette réflexion sur la fragilité de l’existence a nourri son écriture.
Dans En ton âme et conscience, un personnage nommé Casper introduit une nouvelle dynamique dans l’histoire d’Evan, permettant d’interroger ce qui aurait pu être. L’imaginaire, selon Norton, devient un moyen d’accéder à des vérités humaines profondes.
Ce roman, qui est le premier de Claire Norton, soulève des questions sur les relations humaines, les réparations impossibles et le pouvoir de la parole.
Source : ActuaLitté
