Devrions-nous tous prendre de la créatine ?
Autrefois réservée aux culturistes et aux sprinters, la créatine est aujourd’hui promue pour de nombreuses raisons, notamment ses effets bénéfiques sur le cerveau et son rôle potentiel dans le vieillissement en bonne santé. Toutefois, la question de savoir si tout le monde devrait en consommer demeure complexe.
Selon Bethan Crouse, nutritionniste du sport à l’université de Loughborough, « beaucoup de données démontrent l’efficacité de la créatine ». Dans le domaine sportif, elle est considérée comme l’un des compléments alimentaires les mieux étudiés en ce qui concerne son impact sur les performances. La créatine permet à l’organisme de produire de l’énergie plus efficacement lors de pics brefs et intenses d’activité, en stimulant la production d’adénosine-triphosphate (ATP), la principale source d’énergie cellulaire. Cela se traduit par une amélioration de la puissance de pointe et de la capacité à soutenir des efforts intenses et répétés, comme les sprints par intervalles.
Récemment, la créatine a commencé à attirer l’attention au-delà du monde sportif. Des études préliminaires suggèrent qu’elle pourrait avoir un impact positif sur la fonction cognitive et retarder le déclin cognitif. Crouse précise que « quelques études de plus grande ampleur ont précisé ce point », soulignant l’intérêt croissant pour la santé cérébrale, surtout dans le contexte du vieillissement de la population.
Cependant, les recherches sur les bénéfices cognitifs de la créatine sont encore embryonnaires. Crouse souligne qu’il n’est pas encore question de recommander la créatine à tout le monde. « Si vous avez une pratique sportive solide, que vous suivez un régime alimentaire bien équilibré et que vous souhaitez améliorer vos performances, c’est une option à considérer. Mais pour la population générale, la créatine n’est pas nécessaire. »
Il existe des alternatives plus établies et moins coûteuses pour renforcer la santé physique et cognitive. Par exemple, il est prouvé que les poissons gras, tels que le saumon et le maquereau, sont bénéfiques pour le bon fonctionnement du cerveau. De même, des sources végétales comme les graines de lin et de chia contribuent également à cette santé cognitive. Ainsi, pour la majorité d’entre nous, la créatine apparaît davantage comme un complément superflu que comme une nécessité.
Source : Courrier International
