Retards aériens : la Cour des comptes pointe une responsabilité française
L’été dernier, les passagers aériens en France ont subi un retard moyen de trois minutes et trente secondes par vol, un chiffre qui place le pays en bas du classement européen en matière de ponctualité. Dans un rapport publié début juillet, la Cour des comptes attribue cette situation non pas à des facteurs météorologiques ou aux compagnies aériennes, mais à l’organisation du travail des contrôleurs aériens, employés de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Selon une étude d’Eurocontrol, la France concentre près d’un tiers des retards liés à la gestion du trafic aérien en Europe.
Le rapport souligne que depuis la fin de la pandémie de Covid-19, la capacité de la DGAC à gérer le trafic aérien sans retards s’est détériorée. En 2025, les retards et annulations imputables au contrôle aérien ont coûté environ 800 millions d’euros aux compagnies aériennes. Cette situation a incité Ryanair à demander des sanctions contre les prestataires de navigation aérienne défaillants, soulignant un problème qui pourrait avoir des répercussions à l’échelle européenne.
Les contrôleurs aériens français, qui travaillent en moyenne 1 420 heures par an, soit moins que leurs homologues européens, ont récemment bénéficié d’une augmentation salariale de 16%. Actuellement, un contrôleur aérien touche en moyenne 110 000 euros brut par an, avec des primes qui représentent une part significative de leur rémunération. Toutefois, la Cour des comptes note que cette revalorisation n’a pas été accompagnée d’une amélioration de l’organisation du travail, qui reste rigide face aux fluctuations du trafic.
Face à ces constats, la Cour des comptes a formulé douze recommandations, dont la remise en question du statut de fonctionnaire des contrôleurs aériens. Cette proposition vise à réformer la gestion de la DGAC pour améliorer l’efficacité et la réactivité du service, notamment en période de forte affluence. La Cour a également souligné la nécessité d’un plan de recrutement pour faire face à un choc démographique imminent, alors qu’un tiers des contrôleurs aériens pourrait partir à la retraite dans la prochaine décennie.
En conclusion, le rapport met en lumière des enjeux cruciaux pour l’aviation civile française et appelle à des réformes profondes pour garantir une meilleure gestion du trafic aérien et éviter des retards coûteux à l’avenir.
Sources : Ulysse.com, Franceinfo.fr