Retards et annulations de vols, temps de travail, gestion des emplois. La Cour des comptes épingle le contrôle aérien – franceinfo

La Cour des comptes épingle la gestion des ressources humaines à la DGAC

La Cour des comptes, dans un rapport consulté par franceinfo, critique la gestion des ressources humaines à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Ce rapport, qui sera publié lundi, souligne une dégradation de la capacité de la DGAC à gérer le trafic aérien sans retards ni annulations, un problème devenu plus pressant depuis la fin de la période Covid.

Une dégradation des performances

Selon la Cour, la situation s’est détériorée alors que le trafic aérien a retrouvé son niveau d’avant la pandémie. L’été dernier, un record de retards a été enregistré, avec une moyenne de plus de 3 minutes 30 secondes par vol. Cette situation pourrait entraîner des sanctions pour la France, avertit le rapport.

Fin des pratiques illégales

Parmi les évolutions notables, la Cour des comptes se réjouit de la quasi-fin des « clairances », une pratique illégale qui permettait aux contrôleurs de quitter leur poste plus tôt lors de périodes de faible activité. La mise en place d’un système de badgeuses biométriques, qui devrait être entièrement déployé d’ici la fin de l’année, permet de mieux comptabiliser les heures de travail.

Cependant, le nombre d’heures travaillées par les contrôleurs reste inférieur à la moyenne du secteur, avec 1 420 heures par an contre 1 607. Ce chiffre correspond à une charge de travail d’environ trois jours par semaine, avec des pauses et récupérations souvent jugées peu transparentes.

Flexibilité et augmentation des salaires

Le rapport note une certaine flexibilité accrue dans l’organisation du travail, mais souligne que celle-ci demeure rigide face à l’évolution du trafic aérien. En période de pointe, des restrictions de trafic sont souvent imposées pour ajuster le volume au personnel disponible. De plus, les contrôleurs aériens ont bénéficié d’augmentations salariales significatives, atteignant en moyenne 1 500 euros brut supplémentaires par mois, soit une hausse de 16 %.

Défis futurs

La Cour des comptes attire également l’attention sur le renouvellement des effectifs de la DGAC, où 66 % des 10 320 agents sont concernés, dont 30 % sont proches de la retraite dans les dix ans. Les magistrats recommandent une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences pour éviter une dégradation supplémentaire du service.

Source : franceinfo.

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