La Corée à Paris : Célébration des 140 ans de relations diplomatiques au musée Guimet
Le 4 juin 1886, la France et la Corée signaient un traité d’amitié, de commerce et de navigation. Depuis cette date, les deux pays ont traversé de nombreux bouleversements, tant internes qubilatéraux. À l’occasion de cet anniversaire, le musée Guimet a organisé une année thématique intitulée « K-arrément Corée », dont l’exposition actuelle constitue le point d’orgue.
Cette exposition met en lumière le royaume du Silla, qui a dominé la péninsule coréenne pendant près d’un millénaire, de 57 avant notre ère à 935. Un dispositif multimédia, dès l’entrée, restitue le récit mythologique des origines du royaume et présente les paysages de Gyeongju, l’ancienne capitale, connue pour ses « tombes-montagnes », des tumulus royaux d’une grande richesse.
Les œuvres exposées, dont de nombreux « trésors nationaux » jamais montrés à l’étranger, illustrent la richesse culturelle du Silla. Parmi celles-ci figurent des couronnes ciselées évoquant l’arbre sacré, des ceintures et pendentifs en jadéite importés du Japon, ainsi qu’une dague ornée d’or, de grenats rouges et de verre bleu, découverte dans une tombe dans les années 1970. Ce royaume entretenait des relations avec la Chine, le Japon, ainsi qu’avec l’Asie centrale et les mondes méditerranéens.
La période dite « maripgan » (du IVe au VIe siècle) a vu s’imposer le bouddhisme, entraînant une intégration des matériaux précieux dans les pagodes et les monastères. Après l’absorption des deux autres royaumes de la péninsule en 676, le Silla unifié a prospéré jusqu’à sa disparition en 935. Les pratiques funéraires ont évolué, les nobles étant désormais enterrés avec des statuettes représentant des serviteurs.
L’archéologie a permis d’éclaircir l’histoire du royaume, souvent narrée dans les chroniques médiévales. Les archives royales, rapportées en France en 1866, témoignent des relations complexes entre les deux pays. À la fin du parcours, une installation reproduit la grotte de Seokguram, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1995, qui abrite un Bouddha en méditation.
L’exposition, grâce à son parcours articulé et à la splendeur des pièces présentées, vise à mieux faire comprendre une civilisation largement méconnue.
À voir : « Silla : l’or et le sacré. Trésors royaux de Corée (57 av. J.-C.-935) », jusqu’au 26 août au musée Guimet, Paris.
Source : lhistoire.fr
