Pourquoi la congélation de vos ovocytes ne garantit pas la maternité

Pourquoi la congélation de vos ovocytes ne garantit pas la maternité

Si les campagnes autour de la congélation des ovocytes se multiplient ces dernières années, laissant la possibilité aux femmes de reporter leur maternité, nombre d’entre elles se retrouvent embarquées dans un processus médical bien plus ardu qu’elles ne l’avaient imaginé.

La congélation des ovocytes est souvent présentée comme un moyen d’autonomisation pour les femmes, leur permettant de choisir le moment de la maternité. Cependant, il est crucial de noter que ce processus n’offre aucune garantie de grossesse et peut entraîner des désagréments physiques et psychologiques. L’incertitude demeure, même après le « succès » apparent de la congélation des ovocytes pour une utilisation future.

Alors que certaines femmes, comme Simone — prénom d’emprunt —, choisissent l’autoconservation des ovocytes sans raison médicale, d’autres le font pour préserver leur fertilité avant des traitements médicaux agressifs, comme dans le cas du cancer. Le processus implique des tests de fertilité, des injections d’hormones, des échographies et une intervention chirurgicale pour extraire les ovules à congeler.

Une étude publiée en janvier 2025, portant sur 1 131 femmes âgées en moyenne de 31 ans, révèle que l’intérêt pour la congélation des ovocytes est particulièrement élevé chez les femmes célibataires, sans enfant et hautement qualifiées. De plus, cet intérêt augmente avec l’âge.

Bien qu’il n’existe pas de données exhaustives au niveau de l’UE, la littérature médicale fait état d’environ 60 000 procédures de congélation des ovocytes en Europe au cours des dernières décennies. De nombreuses cliniques de fertilité mettent en avant cette pratique comme un acte d’émancipation pour les femmes modernes.

Les résultats des tests hormonaux de Simone ont été décevants, indiquant une réserve ovarienne faible, ce qui l’a placée dans un parcours de préservation d’urgence. Les médecins lui ont expliqué que le prélèvement de moins de dix ovocytes réduisait considérablement les chances de succès, car des ovocytes peuvent être perdus à chaque étape, y compris lors de la décongélation et de la fécondation.

La première grossesse à partir d’un ovocyte congelé a été signalée en 1986, mais les taux de réussite sont restés faibles jusqu’aux années 2000, lorsque la vitrification a amélioré la survie des ovocytes. Malgré ces avancées, les médecins soulignent qu’il existe encore une incertitude quant à une éventuelle grossesse future. En moyenne, environ 85 % des ovocytes congelés survivent au processus de décongélation. Pour les femmes qui congèlent leurs ovocytes entre 35 et 37 ans, une dizaine d’ovules décongelés offrent environ 50 % de chances de naissance.

La congélation des ovocytes, qu’elle soit pour des raisons sociales ou médicales, demeure inégalement réglementée dans l’Union européenne. Certains pays, comme la Hongrie et la Lituanie, n’autorisent pas l’autoconservation des ovocytes dans un cadre sociétal, tandis que d’autres, comme l’Espagne et l’Allemagne, le permettent sous certaines conditions.

En Belgique, les femmes doivent généralement financer elles-mêmes la totalité du coût de l’autoconservation des ovocytes, qui peut atteindre environ 5 000 euros, en fonction des besoins hormonaux.

La complexité et les coûts associés à la congélation des ovocytes soulèvent des questions quant à l’autonomisation réelle qu’elle est censée offrir aux femmes.

Source : Étude sur la congélation des ovocytes, janvier 2025.

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