La compétitivité française dépend de l’essor de l’entrepreneuriat local.

La compétitivité française se joue aussi dans la capacité à entreprendre - DECIDEURS MAGAZINE

La compétitivité française se joue aussi dans la capacité à entreprendre

Dans un contexte de compétition mondiale accrue, la France dispose d’un potentiel indéniable en matière de talents et d’idées. Néanmoins, le principal obstacle réside dans la rapidité avec laquelle ce potentiel se transforme en entreprises génératrices d’innovation, d’emplois et de croissance. Selon Alexandre Chaumien, Head of Revenue EMEA chez Shopify, seulement 19 % des fondateurs français se lancent immédiatement après avoir eu une idée.

Un vivier entrepreneurial sous-exploité

Le manque d’envie n’est pas en cause, mais plutôt la difficulté à passer à l’action. Une étude révèle que 57 % des étudiants envisagent de créer ou de reprendre une entreprise. De manière plus générale, jusqu’à 89 % des porteurs de projet se disent susceptibles de se lancer dans les prochaines années, se jugeant « assez prêts, mais encore en préparation ». L’entrepreneuriat est devenu plus accessible grâce aux avancées technologiques, notamment le numérique et l’intelligence artificielle, avec 67 % des entrepreneurs affirmant que ces outils facilitent la création d’entreprise.

Un déficit qui pèse sur la compétitivité

La culture française valorisant le diplôme, la préférence pour les grands groupes et la peur de l’échec sont autant de freins au passage à l’acte. En effet, 35 % des porteurs de projet citent la peur du jugement comme un frein direct, un des taux les plus élevés au monde. En conséquence, 75 % des fondateurs retardent leur projet, et 44 % regrettent de ne pas avoir commencé plus tôt. Beaucoup choisissent d’entreprendre « plus tard », après plusieurs années dans un grand groupe, ce qui les rend moins compétitifs à l’échelle mondiale.

Vers une culture entrepreneuriale plus précoce

Pour inverser cette tendance, trois leviers peuvent être actionnés. Premièrement, il est essentiel de mieux faire connaître les dispositifs existants, comme le statut national d’étudiant-entrepreneur, qui, bien qu’ayant 6000 bénéficiaires, reste largement méconnu. Deuxièmement, il convient de changer notre perception de l’échec, qui peut être une source d’apprentissage. Enfin, le développement des compétences numériques dès le plus jeune âge est crucial pour faciliter l’entrepreneuriat.

En somme, la compétitivité d’un pays repose autant sur la qualité de ses idées que sur la rapidité avec laquelle elles se concrétisent en valeur.

Source : Tribune d’Alexandre Chaumien, Head of Revenue EMEA chez Shopify.

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