Soigner sans hospitaliser : la clinique Lou Camin et son nouveau dispositif ambulatoire viennent combler le vide psychiatrique en Tarn-et-Garonne
À Montauban, la clinique psychiatrique privée Lou Camin a inauguré, ce jeudi 11 juin 2026, un dispositif ambulatoire destiné aux personnes souffrant de troubles psychiques qui les isolent du monde. Ce programme, qui permet une prise en charge quotidienne, offre un cadre de vie, des activités thérapeutiques et un accompagnement vers l’autonomie, sans nécessité d’hospitalisation. Actuellement, treize patients bénéficient de ce dispositif depuis sa mise en place en septembre 2025. Ce projet, initié en 2019, a été porté par les équipes de la clinique, bien qu’il soit financé à seulement 25 % de ses besoins réels.
Dans ce cadre, les patients ne sont pas hospitalisés. Ils se rendent à la clinique en taxi, ambulance ou voiture, selon leur situation. Fabrice Caton, directeur du centre, précise que, dans certains cas, des professionnels se déplacent même à domicile pour asr le suivi. L’objectif principal reste de stabiliser les symptômes et d’offrir aux patients une vie choisie et autonome.
Le Projet territorial de santé mentale 82 souligne que l’offre libérale en psychiatrie dans le département est « quasi inexistante ». Le directeur de la clinique, ainsi que le psychiatre Adrien Icher, déplorent les longs délais d’attente pour obtenir une prise en charge dans un centre médico-psychologique, qui peuvent atteindre plusieurs mois.
Le centre Lou Camin suit actuellement treize patients avec ce dispositif. En plus des interactions quotidiennes avec l’équipe, divers ateliers sont proposés, tels qu’une salle polyvalente pour les loisirs, incluant des jeux vidéo et des films. Un groupe de parole se réunit tous les mercredis matin, favorisant l’échange et le soutien mutuel. Les patients ont également accès à une salle reconstituant un appartement pour tester leur autonomie au quotidien.
Le projet, qui a mis sept ans à se concrétiser, a rencontré de nombreuses difficultés, notamment la période de la pandémie de Covid-19 et des problèmes de locaux. Fabrice Caton indique que l’établissement fonctionne actuellement avec une équipe de dix personnes, alors qu’une centaine serait nécessaire pour répondre aux besoins. Malgré ces défis, l’Agence régionale de santé a soutenu le dossier pour les financements de lancement. La collaboration avec le centre hospitalier de Montauban est également mise en avant comme un atout pour le développement de ce dispositif.
Le directeur souligne qu’il s’agit d’un espoir pour la région, bien qu’un financement supplémentaire soit indispensable pour pérenniser et étendre ce projet. D’autres centres similaires pourraient voir le jour dans la région, en réponse à un besoin croissant en matière de santé mentale.
Source : La Dépêche.