Personne n’a jamais posé de rover au pôle Sud de la Lune : la Chine prépare une mission inédite avec un robot sauteur
Depuis plus de cinquante ans, l’exploration lunaire a laissé de côté une région cruciale : le pôle Sud de la Lune. Aucun véhicule mobile n’y a été déposé, mais cette zone, riche en cratères, pourrait renfermer une ressource vitale pour l’avenir de l’exploration spatiale : de l’eau gelée. Dans les semaines à venir, la Chine s’apprête à modifier cette situation avec sa mission Chang’e 7, prévue pour fin août, qui transportera un robot sauteur inédit.
Le pôle Sud, un enjeu stratégique
Le pôle Sud de la Lune est considéré comme une zone stratégique, convoitée par les grandes agences spatiales. Certaines zones bénéficient d’une illumination quasi permanente, tandis que d’autres, notamment les fonds de cratères, restent dans l’obscurité. Ces zones pourraient avoir piégé de la glace d’eau, un élément essentiel pour les futures missions lunaires.
La mission Chang’e 7 se concentrera sur le rebord éclairé du cratère Shackleton, situé à 123,4 degrés Est et 88,8 degrés Sud. Des sites de secours seront également explorés à proximité, près des cratères Shoemaker et Haworth. L’objectif principal est de rechercher cette glace d’eau et d’évaluer le terrain pour une éventuelle base lunaire.
Un robot sauteur pour explorer l’inaccessible
La mission Chang’e 7 se distingue par l’intégration d’un robot sauteur, conçu pour se déplacer là où les rovers traditionnels ne peuvent aller. Ce robot sautera depuis les zones éclairées vers les fonds des cratères obscurs, réduisant ainsi les risques d’accidents. Grâce à une technologie d’absorption des chocs, il pourra atterrir sur des pentes. Chaque saut couvrira au moins dix kilomètres, permettant d’explorer des zones inaccessibles.
Dans les cratères ombragés, le robot forera le sol pour analyser la présence de glace d’eau, de méthane et d’autres composés volatils, agissant comme un laboratoire de terrain.
Chang’e 7 dans un calendrier spatial chargé
Cette mission s’inscrit dans un contexte spatial très actif, avec le programme Artemis de la NASA et d’autres missions prévues. Chang’e 7 devance la mission américaine VIPER, dont l’arrivée au pôle Sud n’est pas attendue avant 2027. Les préparatifs pour Chang’e 7 sont déjà avancés, avec l’engin transporté de Pékin vers l’île de Hainan.
La mission emportera un total de 21 charges utiles scientifiques, dont six d’origine internationale, soulignant l’importance de la coopération mondiale dans l’exploration spatiale.
L’eau lunaire, un enjeu crucial pour l’exploration
L’eau lunaire représente bien plus qu’une curiosité scientifique. Sa disponibilité sur place pourrait transformer les missions spatiales, réduisant les coûts de transport d’eau depuis la Terre. Elle pourrait alimenter les futurs occupants d’une base lunaire et être utilisée pour produire du carburant, facilitant ainsi des explorations plus lointaines.
En résumé, la mission Chang’e 7 vise à cartographier l’environnement et les ressources du pôle Sud, avec un atterrissage prévu pour la fin de l’année. Si elle réussit, elle deviendra la première mission à poser un rover dans cette région encore inexplorée. La présence de glace d’eau dans l’obscurité des cratères pourrait redéfinir l’avenir de l’exploration humaine.
Source : SciencePost


