La Chine omniprésente à l’ouverture du sommet du Pacifique, boudé par plusieurs dirigeants
Koror (Palaos) – Les îles du Pacifique se réunissent ce lundi aux Palaos pour le 55e Forum des îles du Pacifique, un événement marqué par l’absence de cinq des dix-huit dirigeants attendus. Les tensions croissantes entre Taïwan et la Chine risquent de détourner l’attention des priorités régionales telles que le changement climatique, la lutte contre le trafic de drogue et la sécurité alimentaire.
Les Palaos, qui accueillent le sommet jusqu’à jeudi, sont l’un des trois derniers États de la région à reconnaître Taipei, une situation qui irrite Pékin. La Chine, Taïwan et les États-Unis sont invités au forum, mais uniquement en tant que partenaires, et non à la réunion des dirigeants. Pékin a exprimé son mécontentement concernant l’invitation de Taïwan.
L’année dernière, l’opposition de la Chine et des îles Salomon, qui étaient alors organisatrices, avait conduit à l’exclusion de Taïwan et des parties extérieures à la région. En réponse à l’arrivée du ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, le président des Palaos, Surangel Whipps, a rapporté que la Chine a qualifié les îles Palaos de « lieu dangereux » pour les voyageurs. Cette réaction est particulièrement significative, car les touristes chinois constituent la majorité des visiteurs dans l’archipel.
L’ambassade des États-Unis a accusé la Chine d’utiliser le tourisme comme un moyen de pression sur les Palaos. Whipps a souligné que « le Pacifique est notre foyer, pas un théâtre de rivalités géopolitiques », en insistant sur l’importance de se concentrer sur des sujets comme le changement climatique et la sécurité alimentaire.
Malgré cet appel à l’unité, l’absence de plusieurs dirigeants complique les discussions. Le territoire français de Nouvelle-Calédonie n’enverra pas son chef de l’exécutif, tout comme le Vanuatu. Les Samoa seront représentées par le vice-Premier ministre, tandis que le chef d’État des Kiribati et le Premier ministre des îles Salomon ne seront pas présents en raison de diverses raisons politiques.
L’Australie, en tant que plus grand pays membre, revendique un rôle clé dans la région, en plaidant pour une plus grande autonomie face aux ambitions chinoises. Le Premier ministre Anthony Albanese a déclaré que « les grands défis auxquels le Pacifique est confronté exigent des solutions conçues et mises en œuvre pour le Pacifique et par le Pacifique ».
Les dirigeants discuteront également d’une réponse maritime régionale face à la montée de la criminalité liée au trafic de drogue. Des policiers de plusieurs nations sont mobilisés pour cet événement, marquant une étape importante dans la coopération policière au niveau du Pacifique.
Source : Agence France-Presse

