
On parle souvent des ports construits ou exploités par la Chine au Moyen-Orient et en Afrique. Mais une nouvelle étude invite à regarder ailleurs : selon ses auteurs, l’essentiel se joue désormais dans les systèmes numériques qui permettent au commerce de fonctionner. Plus que les quais ou les terminaux, ce sont les technologies qui organisent les échanges qui renforceraient progressivement l’influence de Pékin.
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de notre correspondante à Pékin,
Jusqu’ici, les analyses se concentraient principalement sur les ports que la Chine construit, finance ou exploite. Les auteurs proposent un changement de perspective : plutôt que de s’intéresser uniquement aux infrastructures physiques, ils invitent à observer les outils numériques qui les font fonctionner au quotidien.
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Cette lecture est également reprise par plusieurs chercheurs, pour qui l’influence passe de plus en plus par les technologies qui coordonnent les flux de marchandises, de données et d’informations.
Une chaîne numérique devenue essentielle
Concrètement, il s’agit de toute la chaîne numérique qui accompagne le passage d’un conteneur. Celui-ci peut être localisé grâce à BeiDou, le système chinois de navigation par satellite ; ses données transitent par des câbles sous-marins auxquels participent des entreprises chinoises ; et les formalités douanières peuvent être traitées via des plateformes numériques. Autant de technologies devenues essentielles au fonctionnement du commerce international.
L’étude cite notamment le cas de Djibouti, où ces différentes couches technologiques se superposent progressivement. Les entreprises chinoises y sont présentes dans les infrastructures portuaires, les plateformes numériques, les câbles sous-marins et les zones franches, créant un écosystème de plus en plus intégré.
Des technologies difficiles à remplacer
Selon les auteurs, cette architecture numérique présente un avantage stratégique. Un port peut changer d’exploitant, mais remplacer les logiciels, les plateformes ou les systèmes qui coordonnent l’ensemble de la chaîne logistique est beaucoup plus complexe.
Si les douanes, les opérateurs logistiques et les compagnies maritimes utilisent les mêmes outils depuis des années, leur remplacement représente un coût élevé et un risque de perturbation.
Les chercheurs parlent ainsi d’une forme d’« ancrage institutionnel » : plus ces technologies sont intégrées au fonctionnement quotidien des échanges, plus elles deviennent difficiles à remplacer.
Une influence qui s’accumule
Cette logique ne se limite pas à Djibouti. Des dynamiques comparables apparaissent au Kenya, en Éthiopie ou encore dans les pays du Golfe, où des entreprises comme Huawei, Alibaba Cloud ou COSCO occupent des positions importantes dans les télécommunications, le cloud ou la gestion des terminaux.
L’idée n’est pas qu’une seule entreprise contrôle l’ensemble de ces infrastructures, mais que plusieurs technologies chinoises s’intègrent progressivement au fonctionnement d’un même corridor commercial.
Pour autant, les auteurs ne concluent pas à une domination chinoise. Ils rappellent que d’autres acteurs, comme DP World ou certaines institutions internationales, jouent eux aussi un rôle majeur dans le développement des infrastructures numériques.
Mais plusieurs travaux académiques convergent sur un point : lorsque différentes technologies chinoises – télécommunications, cloud, logiciels ou navigation par satellite – s’accumulent dans un même corridor, elles deviennent plus difficiles à remplacer.
La compétition internationale ne porterait donc plus seulement sur la propriété des ports, mais aussi sur les systèmes numériques qui permettent au commerce mondial de fonctionner.
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Source : RFI


