Irritabilité, repli sur soi, baisse de la tolérance : la chaleur met à mal les relations au travail

La vague de chaleur intense qui touche la France en cette fin mai, avec des températures pouvant atteindre 39°C, met en danger les travailleurs, dégrade les performances et les relations au travail, tout en révélant les failles des organisations, malgré des solutions réglementées.

Météo France a placé huit départements de l’ouest en vigilance orange canicule, et les prévisions annoncent des températures localement comprises entre 38°C et 39°C. Les travailleurs manuels et ceux exerçant en extérieur sont particulièrement concernés, avec neuf accidents du travail mortels liés à la chaleur recensés en 2025 par Santé publique France. Cependant, les employés de bureau ne sont pas épargnés. Les effets de la chaleur sur leur productivité incluent une baisse de concentration, une lenteur accrue et des maux de tête, comme le souligne Jean-Christophe Villette, psychologue du travail et fondateur du cabinet Ekilibre Conseil.

Il précise que même dans des bureaux climatisés, la chaleur perturbe le fonctionnement cognitif, révélant la fatigue accumulée et la capacité des organisations à s’adapter.

Selon un baromètre Opinionway-Ekilibre, 80% des salariés témoignent d’une fatigue professionnelle. Cette vague de chaleur intervient à un moment où la charge de travail est souvent élevée, avant les vacances d’été. Les troubles du sommeil dus à la chaleur et le temps passé dans des transports en commun surchauffés aggravent la situation, réduisant la bonne humeur des salariés.

Des recherches en sciences sociales indiquent que la chaleur affecte les relations humaines, entraînant irritabilité, repli sur soi et baisse de tolérance. Les réunions risquent de devenir tendues, avec une multiplication des frictions dans les open-spaces.

De nombreuses entreprises se retrouvent au bord de l’implosion à cause de ces tensions. Par exemple, une société de conseil en transformation digitale de 300 salariés a vu ses employés subir les effets de la canicule sans accès suffisant à des espaces climatisés et une organisation du travail inadaptée. Les réunions continuent dans des salles vitrées surchauffées, augmentant la fatigue et les erreurs d’inattention, alors que les objectifs de performance ne sont pas atteints.

Depuis le 1er juillet 2025, un décret impose aux employeurs de prendre des mes pour protéger leurs salariés. Jean-Christophe Villette recommande d’anticiper les effets de la chaleur en adaptant les horaires de travail, en ajoutant du télétravail, en réévaluant les objectifs et en prévoyant des pauses supplémentaires. Cependant, parmi les entreprises accompagnées par Ekilibre Conseil, seulement un quart avait intégré la chaleur dans leur évaluation des risques professionnels.

(Source : BFM TV)

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