Faciliter le renouvellement générationnel du syndicat : comment la CFDT tente de rajeunir ses rangs
Le congrès de la CFDT s’ouvre lundi à Bordeaux. Alors que seulement 8% de ses adhérents ont moins de 35 ans, le premier syndicat de France lance une expérimentation en ouvrant son bureau national.
C’est l’un des défis majeurs des organisations syndicales : rajeunir les effectifs. La CFDT, qui organise son congrès à Bordeaux à partir du 22 juin 2026, réfléchit à de nouveaux moyens d’impliquer les plus jeunes générations dans sa confédération. Actuellement, seuls 52 000 jeunes adhérents sur un total de 641 798 membres ont moins de 35 ans.
Pour attirer des jeunes, Nouha, délégué syndical dans un groupe de l’habillement, organise des « afterworks » dans des bars, cherchant à créer une atmosphère moins formelle. Il mise sur le bouche-à-oreille pour inviter des jeunes non-adhérents à ces événements.
Lydie Nicol, secrétaire nationale en charge des politiques jeunesse à la CFDT, souligne que la précarisation du marché du travail complique cette tâche. « Les jeunes multiplient les contrats courts. Se projeter, se syndiquer, nécessite d’imaginer d’autres pratiques et formes de collectifs syndicaux », explique-t-elle. D’autres syndicats, comme Force Ouvrière, ont également initié des mouvements dédiés aux moins de 35 ans.
Pour éviter que les nouveaux syndiqués ne se désintéressent, la CFDT a lancé une expérimentation. Pendant six mois, deux jeunes, dont Ambre, 28 ans, assistent aux débats du bureau national. Bien qu’ils ne puissent pas voter ni participer aux discussions, leur présence est vue comme une réelle opportunité d’apprentissage. Ambre, qui a rejoint la CFDT après une expérience dans un autre syndicat, témoigne : « J’ai pu apprendre énormément de choses sur la politique internationale durant ces bureaux nationaux. »
L’expérimentation vise à renforcer l’implication des jeunes au sein du syndicat. Ambre, qui se sent désormais plus légitime, souhaite s’engager davantage. Lydie Nicol insiste sur l’importance de faire de la place aux jeunes dans les décisions syndicales, affirmant que leur présence peut faire évoluer les pratiques, notamment en investissant les réseaux sociaux.
Cette initiative doit permettre de « monter en compétences militantes » ces jeunes recrues, leur donnant accès à tout le processus décisionnel. Lydie Nicol conclut : « L’idée c’est aussi d’être facilitateur du renouvellement générationnel dans nos collectifs syndicaux. »
Source : Franceinfo
