Au Théâtre de la Tempête, la mise en scène de « La Cerisaie » par Aurélie Van Den Daele soulève des interrogations sur l’interprétation des classiques.

La directrice du Théâtre de l’Union-CDN du Limousin présente une nouvelle version de la dernière œuvre d’Anton Tchekhov, « La Cerisaie ». Bien que l’engagement des comédiens et l’enthousiasme de la metteuse en scène soient notables, le propos sur le deuil semble perturbé par des ajouts et des commentaires jugés superflus.

Une œuvre intemporelle mise à l’épreuve de l’innovation

« La Cerisaie », pièce emblématique du théâtre mondial, est régulièrement adaptée depuis sa première représentation il y a 120 ans. La question se pose : une œuvre de cette envergure nécessite-t-elle des modifications ou des explications supplémentaires ? Le projet d’Aurélie Van Den Daele met en lumière des thèmes universels tels que la rupture familiale, la nostalgie et le deuil, notamment la perte d’un enfant. La mise en scène débute dans un espace minimaliste, évoquant la maison de Lioubov Endreïevna, entourée de voilages et de quelques meubles d’une chambre d’enfant, illustrant ainsi un lieu de mémoire en déshérence.

Une histoire de perte et de transformation

Lioubov, personnage central, a perdu son fils il y a cinq ans, un événement tragique qui l’a poussée à quitter la Russie. La pièce s’ouvre sur l’attente de son retour, entourée de personnages qui attendent des nouvelles inquiétantes concernant la vente imminente du domaine familial, en raison de dettes insurmontables. Lopakhine, un marchand d’origine modeste, se positionne pour acheter la propriété, menaçant de raser la cerisaie pour construire des résidences d’été.

Des ajouts qui brouillent le message

Malgré la puissance de l’œuvre originale, des éléments tels qu’un prologue, des digressions et un épilogue viennent complexifier la narration, altérant la simplicité de la conclusion où le personnage de Firs se retrouve seul. Bien que les performances des acteurs soient saluées, notamment celle d’Océane Court-Mallaroni, les choix artistiques tels que l’utilisation de lumières de néons et de musique festive semblent éloigner l’œuvre de son essence mélancolique.

La mise en scène, bien que riche en vitalité, pourrait bénéficier d’une approche plus fidèle au texte original, qui demeure un classique puissant et intemporel.

Source : Hélène Kuttner, Artistik Rezo

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