Des découvertes exceptionnelles : la cathédrale de Chalon-sur-Saône continue de dévoiler ses secrets
Rouverte fin 2025 après deux ans de travaux, la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) n’a pas dévoilé tous ses secrets. Une nouvelle phase de restaurations a livré des révélations exceptionnelles.
Un voyage dans la cathédrale. tout autant qu’un voyage dans le temps. Cet après-midi de juillet, Benjamin Saint-Jean Vitus nous guide d’un pas expert dans les travées de la cathédrale. Il nous mène jusqu’à un mur d’aspect ordinaire, composé d’un assemblage de vieilles pierres. « Le plus ancien mur de l’édifice », détaille l’archéologue. « C’est ce qui reste d’une ancienne église romane du XIIe siècle, qui a été réutilisée dans la cathédrale. »
Ce mur, comme tant d’autres éléments historiques, a été redécouvert lors de la rénovation du bâtiment. Plusieurs campagnes de restauration ont eu lieu en 2024 et 2025, avant la réouverture au public à la mi-octobre. Décors peints des XIIe au XVe siècles, vestiges. le chantier, toujours en cours, dévoile chaque jour davantage les secrets de la cathédrale, auparavant enfouis sous des siècles d’histoire.
La découverte du premier mur indique « une grosse reconstruction, pas seulement du cloître de l’an 1000, mais de la cathédrale ou de plusieurs églises juxtaposées », explique Benjamin Saint-Jean Vitus. « Est-ce que c’est un bout de l’ancienne cathédrale, ou bien une petite église qui avait un rôle particulier ? Aujourd’hui, on a tous les éléments de ce qu’on appelle une stratigraphie, c’est-à-dire des couches qui s’accumulent avec le temps. »
Cette juxtaposition d’éléments se retrouve à d’autres endroits, comme dans la chapelle du Sacré-Cœur. « Elle a la spécificité de mêler énormément d’époques différentes », précise le restaurateur-conservateur Morgan Hubert. « On a au minimum quatre époques différentes qui se superposent ou qui se complètent : en premier des décors romans, des registres figurés du XIVe, des éléments du XVIe et un décor néo-gothique du XIXe. »
La découverte de l’ensemble de ces strates représente une véritable aubaine pour la ville de Chalon, selon le maire (DVD) Gilles Platret. « Ça nous permet de mieux comprendre comment la ville a évolué », estime-t-il. « Les sondages archéologiques ont permis de retrouver ce qui restait de l’ancienne église et de voir que, petit à petit, on pousse les murs de la ville pour agrandir la cathédrale. C’est un témoin de l’Histoire. »
La fin des travaux est prévue en 2027, avec un coût estimé à un peu plus de cinq millions d’euros.
Source : France 3 Régions.
