On est à plus de 50 sauvetages depuis le début de la saison : la brigade nautique alerte sur les risques liés à la pratique du paddle

Avec la démocratisation des activités nautiques, et plus particulièrement du paddle, les interventions de secours se multiplient sur le littoral marseillais. La brigade nautique de la police nationale alerte sur les vents et les courants.

Les vacances se poursuivent et les sauvetages en mer aussi. Parmi les activités nautiques incontournables de l’été, le paddle s’est largement imposé. Cependant, cette pratique, souvent perçue comme accessible à tous, comporte des risques parfois sous-estimés. Depuis le début du mois de juin, les conditions météorologiques compliquent les sorties en mer, et les secours sont de plus en plus sollicités. « Marseille est exposé à tous les vents, que ce soit le Mistral ou un vent de terre. En fonction de l’endroit où vous vous trouvez sur la côte, les conditions peuvent rapidement devenir défavorables, » rappelle le major David Roger, adjoint au chef d’unité de la brigade nautique de la Police nationale.

Cette popularité du paddle inquiète les professionnels de secours, qui ont effectué plus de 50 sauvetages depuis le début de la saison. Certaines règles de sécurité de base sont souvent oubliées ou méconnues : « On a des personnes qui s’adonnent à cette activité mais qui en oublient les consignes de sécurité et les règles de la navigation, » explique le major Roger, prenant l’exemple de ceux qui rejoignent l’Ile du Frioul en paddle. Il insiste sur le fait que, comme en montagne, « la mer est un milieu pour lequel on se doit de prendre des précautions et où ça peut vite devenir dangereux. »

La brigade distingue les paddles dits « homologués », permettant une navigation plus au large, utilisés par des pratiquants aguerris, et les autres. « Certains dépassent les bouées jaunes qui délimitent la bande littorale des 300 mètres et se retrouvent rapidement poussés vers le large par le vent et les courants, » souligne le major Roger.

Il précise également qu’un nombre significatif de personnes secourues ne dispose pas de moyens de flottaison supplémentaires, tels que le gilet de sauvetage. Bien que ce dernier ne soit pas obligatoire, il constitue une sécurité essentielle. « Un paddle peut se dégonfler pour de multiples raisons, » ajoute-t-il, notant que de nombreux pratiquants ne savent pas nager. Il évoque le cas de quatre personnes secourues, dont un jeune de 13 ans qui ne maîtrisait pas la nage.

Avant de partir en mer, le major rappelle quelques conseils de base. Le premier réflexe doit être de consulter les conditions météo. Un vent faible au départ peut se renforcer ou changer de direction. La brigade nautique recommande également de ne jamais s’éloigner des bouées jaunes et de rester dans la bande des 300 mètres. De plus, il est crucial de partir avec un moyen de communication, tel qu’un portable, pour alerter les secours en cas de difficulté. En mer, le numéro d’urgence à retenir est le 196, permettant de joindre le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Méditerranée.

Le bilan des interventions donne une idée de l’ampleur du phénomène : « Toutes unités confondues, on a dépassé les 50 sauvetages. C’est énorme. Cette année, c’est vraiment un sujet, » alerte le major. Face à ces situations, la police nationale a renforcé la sensibilisation auprès des différents acteurs du littoral.

Source : France 3 Provence-Alpes.

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