Un déficit budgétaire à plus de 5% du PIB, ce n’est pas tenable, alerte la BNB
Les nouvelles prévisions de la Banque nationale de Belgique (BNB) dressent un tableau contrasté de l’économie belge, mettant en lumière la dégradation continue des finances publiques.
La BNB prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,6 % en 2026, après un deuxième trimestre au ralenti. Malgré les mes budgétaires adoptées par le gouvernement, le déficit budgétaire continue d’augmenter, et la BNB ne prévoit pas de changement de tendance dans les années à venir, selon ses projections 2026-2028 publiées le 12 juin. L’institution estime qu’un « choc temporaire » résultant de la guerre au Moyen-Orient entraînera une inflation moyenne de 3,4 % en 2026, principalement en raison de la hausse des prix du pétrole. La croissance du PIB devrait s’accélérer à 1,1 % en 2027, puis atteindre 1,3 % en 2028.
Le pouvoir d’achat des ménages est également en déclin, avec une prévision de baisse de 0,5 % en 2026. Cette situation est attribuée à plusieurs facteurs, notamment le décalage entre l’inflation et l’indexation des salaires, ainsi qu’à des réformes limitant les allocations de chômage. Toutefois, le gouverneur Pierre Wunsch mentionne une possible « légère marge pour les salaires ». Concernant l’emploi, la BNB anticipe une augmentation modeste de 16 000 postes en 2026, avec un total de 90 000 emplois supplémentaires d’ici 2028.
Un déficit budgétaire en hausse
La BNB alerte également sur l’augmentation continue du déficit budgétaire, qui devrait passer de 5,3 % du PIB en 2026 à 5,7 % en 2028, principalement en raison des charges d’intérêt. Le taux d’endettement pourrait atteindre 114,8 % du PIB en 2028, un point de pourcentage de plus que les prévisions précédentes. « Un déficit budgétaire à plus de 5 % du PIB, ce n’est pas tenable », insiste le gouverneur.
Pour restaurer la crédibilité du pays en matière de gestion des finances publiques, un retour à un taux de 4 % d’ici la fin de la législature serait idéal. Cela nécessiterait environ 11 milliards d’euros, sans compter les réductions de charge prévues par le gouvernement. Pierre Wunsch souligne que limiter les dépenses ne suffira pas : « Si on n’a pas un débat sur les recettes, les soins de santé et les indemnités d’invalidité, on ne va pas y arriver. »
Le Bureau fédéral du Plan a également publié des prévisions similaires, indiquant une croissance de l’économie belge de 0,7 % en 2026, un chiffre révisé à la baisse par rapport aux prévisions antérieures. Le déficit public est estimé à 5,1 % du PIB en 2026, avec une tendance à la hausse qui pourrait le porter à 6,4 % dans les cinq années suivantes.
Source : Banque nationale de Belgique, Bureau fédéral du Plan.