Qu'est-ce que la bipolarité, trouble complexe mal compris ?

La bipolarité est un trouble de l’humeur qui a longtemps échappé à la définition, puis au diagnostic et dont la complexité reste encore largement incomprise par le grand public. Nous allons vous donner quelques pistes pour mieux le comprendre.

La bipolarité en quelques mots

Le trouble bipolaire, affectant environ 2% de la population, est un trouble biologique sévère. Ce chiffre peut atteindre jusqu’à 8% si l’on considère l’ensemble du spectre des troubles bipolaires. Appartenant à la famille des troubles de l’humeur, il était autrefois désigné par le terme de maladie maniaco-dépressive.

Les troubles de l’humeur désignent des maladies psychiatriques qui affectent la capacité d’une personne à vivre des états d’humeur normaux. Il est essentiel de noter que si chacun traverse différentes humeurs, ce sont les états « anormaux » ou « intenses » qui caractérisent ces troubles.

On distingue principalement deux grandes catégories de troubles de l’humeur : les troubles dépressifs unipolaires, où l’humeur est impactée négativement, et les troubles bipolaires, qui se manifestent par des alternances entre des phases de dépression et des phases d’exaltation.

La bipolarité et ses épisodes

Les personnes atteintes de bipolarité connaissent des cycles plus ou moins longs, comprenant principalement deux types d’épisodes : les phases maniaques et les phases dépressives, parfois complétées par des épisodes intermédiaires.

La phase dépressive

Cette phase est souvent la plus visible et se caractérise par :

  • Une perte d’intérêt pour les activités habituelles.
  • Un sentiment de tristesse durable.
  • Au moins quatre des symptômes suivants :
    • Un manque d’appétit
    • Un sommeil perturbé
    • Des difficultés de concentration
    • Un sentiment d’être décalé par rapport aux autres
    • Une perte de l’estime de soi
    • Des pensées sombres

La phase maniaque

Cette phase est souvent la plus caractéristique et peut être complexe à identifier. Elle se manifeste par :

  • Une estime de soi élevée.
  • Un besoin de sommeil réduit.
  • Une communication accrue.
  • Des idées qui fusent rapidement.
  • Des difficultés de concentration.
  • Un intérêt marqué pour certaines activités.
  • Un goût du risque accru.

Des phases intermédiaires

  • L’épisode hypomaniaque, similaire à la phase maniaque mais avec des symptômes moins prononcés, souvent perçu comme agréable, ce qui peut retarder le diagnostic.
  • L’épisode mixte, où les phases maniaque et dépressive alternent rapidement, parfois plusieurs fois par jour.

Des cycles complexes

Ces épisodes peuvent se répartir sur des cycles plus longs, permettant de déterminer différents types de troubles bipolaires (type I, type II, etc.). Les classifications récentes ont également intégré d’autres formes de bipolarité, comme la cyclothymie.

Ces phases compliquent le diagnostic, car un examen incomplet peut conduire à des erreurs, comme un diagnostic de dépression ou d’autres troubles. Les phases maniaques peuvent également être appréciées par les personnes bipolaires, rendant leur identification plus difficile.

De plus, le trouble bipolaire peut entraîner des troubles psychiatriques comorbides, tels que des TOC ou des problèmes de consommation de substances, compliquant encore la compréhension du phénomène. Cette complexité contribue à une errance diagnostique, souvent de plusieurs années.

Le trouble bipolaire, cela touche qui ? De la même manière ?

Environ 2% de la population générale est touchée par le trouble bipolaire, mais ce chiffre peut évoluer jusqu’à 7-8% si l’on inclut l’ensemble des troubles bipolaires redéfinis. Le trouble se manifeste généralement chez les jeunes adolescents ou jeunes adultes, suivant des cycles de durée variable.

Il touche autant les hommes que les femmes, mais les manifestations peuvent différer. Par exemple, les hommes débutent souvent par un épisode maniaque, tandis que les femmes commencent généralement par un épisode dépressif. Les cycles de type II sont également plus fréquents chez les femmes.

Le trouble bipolaire, cela vient d’où ?

Les causes des troubles bipolaires ne sont pas entièrement comprises. Cependant, des cellules du cerveau présentent des comportements biochimiques distincts, augmentant la sensibilité aux facteurs environnementaux tels que le stress. Des anomalies immuno-inflammatoires ont également été évoquées.

Il existe une composante génétique au trouble bipolaire, plusieurs gènes pouvant prédisposer à cette condition, bien que la transmission ne soit pas automatique.

Traiter la bipolarité ?

La bipolarité peut passer inaperçue dans la société, entraînant un risque de négligence dans le traitement, malgré des conséquences graves :

  • Des relations personnelles et professionnelles souvent compromises.
  • Un risque de suicide considérablement accru.
  • Des comportements à risque liés à la consommation de drogues.
  • Une aggravation potentielle de la sévérité des épisodes au fil du temps.

Face à ce tableau, il est crucial d’offrir un suivi adapté aux personnes concernées. Les traitements, sous la supervision de professionnels, comprennent :

  • Un suivi pharmacologique pour stabiliser l’humeur et traiter les phases dépressives.
  • Des traitements psychothérapeutiques.
  • Des traitements systémiques impliquant la famille.

©Crédit photo Stocklib 1-190434524

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