Fusée Ariane 5 : un échec tragique causé par un bug logiciel
Le 4 juin 1996, à Kourou, la fusée Ariane 5 a explosé 36,7 secondes après son lancement, à la suite d’un dysfonctionnement informatique. Ce vol inaugural, désigné vol 501, a vu les deux calculateurs identiques, censés asr une redondance en cas de panne, s’arrêter simultanément, entraînant la perte de quatre satellites scientifiques de la mission Cluster de l’Agence spatiale européenne.
L’architecture de la fusée reposait sur deux systèmes de référence inertielle (SRI), l’un actif et l’autre en attente, chargés de mer la trajectoire de la fusée. En cas de défaillance, l’ordinateur de bord devait basculer sur le système de secours. Cependant, les deux SRI exécutaient le même logiciel, ce qui a conduit à une erreur de conversion de données. À H0+37 secondes, alors que la fusée atteignait Mach 0,7 (857 km/h) à 3 500 mètres d’altitude, le logiciel a tenté de convertir une valeur de vitesse de 64 bits en un entier de 16 bits, dépassant ainsi la capacité du registre cible.
Cette erreur, issue d’une routine obsolète laissée active, a provoqué une panne simultanée des deux systèmes. Privé de données fiables, le pilote automatique a mal interprété un signal d’erreur, ordonnant une correction de trajectoire violente qui a conduit à la rupture structurelle de la fusée. Le système d’autodestruction a été activé pour éviter des débris sur des zones habitées.
La perte financière de cet échec est estimée à 370 millions de dollars, englobant la valeur des satellites perdus et les coûts associés à la fusée. Une commission d’enquête conjointe ESA/CNES a été mise en place, soulignant que la duplication d’un matériel ne protège pas contre les erreurs logicielles. Cet incident a entraîné des changements significatifs dans l’industrie aéronautique concernant la réutilisation de code et a conduit au développement de méthodes de vérification formelle pour prévenir de futurs incidents.
Source : deschamp.free.fr | nimareja.fr



