Le crédit qui ne dit pas son nom : l’essor des paiements échelonnés
Romy, 26 ans, a multiplié les achats en ligne pendant près de trois ans, optant pour des paiements échelonnés pour des vêtements, du maquillage et des chauss. Sans en avoir pleinement conscience, elle s’est endettée lentement, avec un salaire amputé de 450 € chaque début de mois.
Des services comme Klarna, Alma ou Scalapay se sont démocratisés ces dernières années, permettant aux consommateurs de payer une partie du montant immédiatement et le reste en plusieurs échéances. Selon la journaliste Amina Kalache, « ce n’est pas un rabais, ni une promotion : c’est une avance. » Elle qualifie ces services de « micro-crédit » avec une dette, qui, bien que moins spectaculaire que des crédits immobiliers ou automobiles, peut néanmoins s’accumuler, surtout pour les foyers précaires ou ceux ayant peu d’éducation financière.
Les méthodes marketing de ces entreprises ont rendu possible des achats qui seraient difficilement réalisables en un seul paiement. Une option de paiement échelonné apparaît souvent à la dernière minute, entre l’adresse de livraison et la validation du panier. Kalache souligne que le véritable enjeu réside dans le moment psychologique où l’on consent à la dette. Ce système, bien qu’il ne crée pas de précarité, peut l’accompagner et parfois l’aggraver, comme l’indique un rapport de la Banque de France.
En 2022, l’endettement des ménages français a atteint 1 700 milliards d’euros, représentant 98 % du PIB, selon l’INSEE. Ce chiffre souligne l’importance de la gestion de la dette et des crédits à la consommation, notamment dans le contexte des paiements échelonnés.
Source : Frustration

