Comment Ki-oon a réussi à faire publier au Japon des mangas conçus. par un éditeur français – franceinfo

Ki-oon : un éditeur français qui s’impose dans le monde du manga japonais

En 2015, l’éditeur français Ki-oon a ouvert un bureau à Tokyo avec un objectif audacieux : collaborer avec de jeunes auteurs japonais pour créer des mangas destinés au marché français. Dix ans plus tard, Kim Bedenne, responsable du bureau japonais de Ki-oon, a partagé lors de Japan Expo comment ce projet innovant a évolué.

Historiquement, les échanges entre la France et le Japon dans le domaine du manga ont été unidirectionnels, les éditeurs français se contentant d’acheter et de traduire des licences japonaises. En octobre 2015, Ki-oon a décidé de changer cette dynamique. L’éditeur ne se limite pas à l’importation de mangas, mais souhaite aussi participer activement à leur création, en s’installant directement au Japon. Kim Bedenne a été chargée de cette mission, et sa première tâche a été de dénicher de nouveaux talents, un processus qui a duré plus d’un an.

Ki-oon a établi une règle stricte : travailler uniquement avec des auteurs débutants. Selon Kim Bedenne, cela est dû à des considérations politiques vis-à-vis des partenaires de licence japonais. Convaincre ces auteurs de collaborer avec une maison d’édition française a été un défi, certains allant jusqu’à penser qu’il s’agissait d’une arnaque, car peu d’éditeurs français proposent de créer des mangas directement au Japon.

Pour rasr les mangakas, Ki-oon a adopté des méthodes de travail familières, tout en offrant une flexibilité dans le calendrier de production. À ce jour, le bureau japonais compte trois éditeurs, et attirer de nouveaux auteurs est devenu plus aisé, le catalogue de Ki-oon servant désormais de vitrine.

En parallèle, Kim Bedenne a dû établir des relations de confiance avec les grands groupes d’édition locaux. Grâce à une transparence dans ses intentions, Ki-oon a pu collaborer avec des éditeurs japonais qui recommandent désormais des auteurs à l’éditeur français. Des magazines tels qu’Afternoon, publié par Kodansha, partagent également des projets non retenus lors de leurs concours.

Les trois quarts du catalogue de Ki-oon sont aujourd’hui publiés au Japon, une reconnaissance qui témoigne de l’évolution du marché japonais, où les éditeurs cherchent de nouveaux genres et des projets éprouvés à l’international. Kim Bedenne souligne que 70 % du marché du manga au Japon est désormais numérique, ce qui a transformé les pratiques de publication.

En une décennie, plusieurs créations de Ki-oon, telles que Beyond the Clouds, Tsugumi Project et Leviathan, ont trouvé leur public en France mais aussi au Japon. Kim Bedenne exprime sa satisfaction quant à la vente de ces œuvres sur le marché japonais, un succès qu’elle n’avait pas anticipé.

À l’avenir, Ki-oon ambitionne de développer ses licences sur divers supports, tels que des adaptations en dessin animé ou en films, afin de devenir un acteur majeur dans le monde du divertissement, à l’image des grands groupes japonais.

Source : franceinfo

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