Kermesse à Montreuil : Clarifications sur une polémique
Le 6 juin, une vidéo publiée par le compte X « Jugé Coupable » a suscité une vive controverse à Montreuil. Cette vidéo montre des élèves de l’école maternelle Nanteuil, âgés de trois ans, participant à un spectacle de fin d’année. Les enfants y apparaissent vêtus de bandeaux et de blouses aux motifs camouflage, dansant avec des pistolets factices sur la musique du groupe Triangle des Bermudes.
La vidéo, initialement partagée sur Instagram par une parent d’élève, a été modifiée pour inclure un bandeau accusant cette dernière d’antisémitisme en raison de son soutien à la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS). Cette campagne vise à influencer l’économie israélienne. Les commentaires sur les réseaux sociaux ont rapidement fait des parallèles entre cette représentation et le mouvement palestinien Hamas, en lien avec les événements tragiques du 7 octobre 2023, où près de 1 200 Israéliens ont perdu la vie.
Des réactions politiques ont suivi, notamment celle d’Aurélien Véron, élu RN au conseil municipal de Paris, qui a affirmé que l’école préparait les enfants à la lutte armée. Le ministre de l’Éducation, Edouard Geffrey, a qualifié les images de « choquantes » et a demandé une enquête.
Cependant, plusieurs médias ont démontré que l’extrait de la vidéo était tronqué et sorti de son contexte. La vidéo complète montre que, peu après le passage controversé, les enfants déposent leurs accessoires et portent des t-shirts portant le symbole « Peace and Love ». Les enseignants et parents présents ont confirmé que l’objectif du spectacle était de promouvoir le pacifisme et le devoir de mémoire.
Les organisations syndicales des enseignants ont dénoncé une « instrumentalisation scandaleuse » de cette situation, mettant en danger les enfants et le personnel éducatif. Des menaces ont également été adressées à la parent d’élève ayant partagé la vidéo.
Finalement, il a été précisé que les déguisements des enfants faisaient référence à la guerre du Vietnam, dans le cadre d’une représentation historique. Les accusations portées contre l’école ne reposent donc sur aucune base factuelle valide.
Malgré les demandes de retrait des images, celles-ci demeuraient en ligne sur X au 12 juin.
Source : Libération, Mediapart, L’Humanité, 20 Minutes.
