Kenya : la société civile s’inquiète d’une forte hausse du budget sécuritaire à un an des élections générales
Au Kenya, le Parlement a voté une augmentation significative du budget alloué aux agences de sécurité, avec une dotation supplémentaire de 44,5 milliards de shillings, soit environ 295 millions d’euros. Ces fonds, comme indiqué dans le Bulletin officiel, sont destinés à moderniser les infrastructures policières, à établir de nouvelles unités administratives et à préparer les élections générales prévues pour août 2027. Cette décision suscite des inquiétudes au sein de la société civile.
Le ministère de la Défense est le principal bénéficiaire de cette augmentation, recevant 128 millions d’euros supplémentaires. La police se voit attribuer plus de 65 millions d’euros, tandis que les services de renseignement obtiennent près de 36 millions d’euros. Cette nouvelle enveloppe représente une hausse de plus de 50 % par rapport à l’année précédente à la même période, marquant la première fois depuis l’adoption de la Constitution de 2010 qu’une telle augmentation est observée avant une année électorale.
Raymond Omolloh, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, a déclaré que « cette augmentation reflète plusieurs priorités opérationnelles et institutionnelles ».
Cependant, la société civile exprime des préoccupations face à cette forte allocation de ressources à l’appareil sécuritaire, alors que les tensions politiques sont déjà palpables à l’approche des élections. Amnesty International a qualifié les violences survenues en juillet, lors d’un scrutin partiel à Ol Kalou, de « terrorisme parrainé par l’État », faisant référence à la mort d’un homme de 30 ans. Par ailleurs, la Commission nationale kényane des droits de l’homme a enregistré des dizaines de violences politiques entre juin et août.
Cette hausse du budget sécuritaire pourrait avoir des implications significatives sur la dynamique politique et sociale du pays à l’approche des élections.
Source : RFI

