Kenya: la justice examine un recours contre l’accord minier avec les États-Unis

Kenya : la justice examine un recours contre l’accord minier avec les États-Unis

Au Kenya, la justice a entamé ce mardi 21 juillet l’examen d’un recours visant à suspendre un accord sur les minerais critiques entre Nairobi et Washington. Le Centre for Litigation Trust, une organisation kényane de défense de l’intérêt public, critique un projet négocié dans l’opacité, sans consultation des populations locales ni contrôle parlementaire, autour de Mrima Hill, situé dans le comté de Kwale, une zone riche en terres rares mais également protégée.

Sous les collines boisées de Mrima Hill se trouvent des minerais utilisés dans divers secteurs, notamment l’aéronautique, les infrastructures et les oléoducs. Cette zone, d’une superficie de près de 160 hectares, abrite d’importantes réserves de terres rares et de minerais stratégiques. Cependant, Mrima Hill est également classée comme forêt, monument national et lieu sacré pour les communautés kaya de la région. La législation kényane interdit en principe les activités minières dans les monuments nationaux.

La possible exploitation de cette zone dans le cadre d’un accord avec les États-Unis suscite des controverses. Patrick Ochieng, membre du Centre for Litigation Trust, souligne : « Personne ne connaît les termes du contrat. Personne n’a vu l’étude d’impact environnemental. Personne ne connaît les modalités de propriété, de partage des bénéfices, ni les zones qui seront affectées. Pour un projet touchant un lieu d’une telle importance écologique et culturelle, on s’attendrait à une approbation du Parlement. »

Cette contestation va au-delà du projet minier, reflétant une méfiance croissante envers la manière dont certains accords sont conclus par l’exécutif, notamment l’accord de santé et le centre américain de quarantaine pour Ebola. Johnpaul Omollo, spécialiste des politiques publiques, précise : « Les Kényans ne contestent pas l’intérêt de ces initiatives, mais la manière dont elles sont mises en œuvre. Beaucoup semblent être négociées dans le secret, alors que la Constitution garantit aux citoyens le droit d’accéder à l’information. »

Face à cette opacité, les citoyens et la société civile se tournent de plus en plus vers les tribunaux pour rappeler à l’exécutif le respect de la Constitution.

Source : RFI

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