Katharina Pistor propose une approche philosophique pour réguler le capitalisme mondial.

Katharina Pistor philosophe pour dompter le capitalisme

Katharina Pistor : Philosopher pour Dompter le Capitalisme

Katharina Pistor, professeure de droit comparé à l’université de Columbia, soutient que le capitalisme, souvent perçu comme un simple système économique, représente en réalité une structure juridique complexe qui favorise les intérêts privés au détriment des biens communs. Elle affirme que cette dynamique est particulièrement problématique dans un contexte où le capitalisme est à la fois omniprésent et légal, ce qui rend son apprivoisement d’autant plus difficile.

Ce système juridique, selon Pistor, s’approprie les ressources communes au nom du droit, notamment à travers le droit des contrats, qui est protégé par l’État tout comme le droit public. Cette situation empêche les gouvernements de contrer efficacement les intérêts privés, qui exploitent les failles juridiques pour supplanter le bien commun. Pistor souligne que sans un État de droit robuste, capable de concilier l’intérêt général et les intérêts privés, il est difficile de parler de démocratie.

Dans le cadre d’une série d’été intitulée « Penseurs de demain », Pistor propose une réflexion sur la capacité du droit à sortir l’humanité des impasses créées par le capitalisme. Elle plaide pour un renforcement des normes et des valeurs sociétales, afin qu’elles puissent servir de fondations solides pour le droit.

Elle suggère de repenser le droit privé à la lumière d’une philosophie qui se concentre sur les besoins humains et les capacités de chacun. Cette approche s’inspire des travaux de l’économiste Amartya Sen et de la philosophe Martha Nussbaum, qui ont développé la théorie des capabilités humaines.

Pistor conclut que, bien que cela puisse sembler utopique, la philosophie est le seul moyen pour l’humanité de reprendre le pouvoir sur un capitalisme qui, historiquement, a émergé avec l’État moderne, censé protéger les libertés individuelles.

Source : Courrier international

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *