AUJOURD’HUI, LA COMPÉTENCE DES FEMMES EN MER EST INDISCUTABLE
Crédit photo : Jean-Louis Carli / Alea
Justine Mettraux, navigatrice suisse et première femme à terminer le dernier Vendée Globe à la huitième place, se prépare pour l’édition 2028 de cette course emblématique. Elle évoque son parcours et les initiatives visant à promouvoir la participation des femmes dans la course au large.
Lors de son interview, Mettraux souligne que son intérêt pour la navigation en haute mer a été influencé par les opportunités qui se sont présentées à elle, malgré un manque de modèles féminins en Suisse. Sa première expérience significative a été la Mini-Transat, qui lui a permis de prendre confiance et d’enchaîner avec d’autres projets.
Concernant son objectif de naviguer en Imoca, classe des monocoques de 60 pieds, elle explique qu’elle a avancé étape par étape, sans plan prédéfini. Ce n’est qu’après plusieurs années de navigation qu’elle a envisagé le Vendée Globe.
Mettraux a également acquis une expérience précieuse en tant qu’équipière sur de grandes courses internationales, ce qui, selon elle, a été complémentaire à ses projets en solitaire. Elle a souligné l’importance d’avoir navigué en équipage sur un Imoca avant de prendre la barre de son propre bateau, ce qui lui a permis de gagner en confiance et en légitimité.
Pour lancer un projet ambitieux comme le sien, elle insiste sur l’importance de réunir des compétences et un budget adéquat. Elle a bénéficié d’un soutien continu de TeamWork, son sponsor, depuis près de quinze ans, ce qui est rare dans le milieu.
Son équipe pour le projet Imoca compte une dizaine de personnes, dont des ingénieurs, et elle cherche à intégrer davantage de femmes, en mettant l’accent sur les compétences avant le genre.
Mettraux a également cofondé The Magenta Project, qui vise à offrir des opportunités aux femmes dans la voile. Ce projet propose des formations et un programme de mentorat pour aider les navigatrices à développer leurs compétences et à accéder à des circuits de haut niveau.
Elle note des progrès dans la représentation des femmes, bien que des défis subsistent. Une étude de 2025 a révélé que plus de 85 % des femmes interrogées ont subi du sexisme, tandis que 83 % des répondants estiment que la représentation des femmes s’est améliorée.
Mettraux conclut que, malgré les biais persistants, les efforts en cours pour promouvoir la compétence des femmes en mer portent leurs fruits et que la situation s’améliore, particulièrement en France où des figures emblématiques comme Florence Arthaud ont ouvert la voie.
En préparation pour le Vendée Globe, elle participera à plusieurs courses en amont, y compris une traversée de l’Atlantique en équipage cet automne.
Source : Interview de Justine Mettraux.

