Le parquet d’Amiens a annoncé, jeudi, la décision de procéder à de nouvelles expertises ADN et vocales dans le cadre de l’affaire du meurtre d’Elodie Kulik, survenu en 2002. Cette initiative fait suite à une demande de Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion pour enlèvement, viol et meurtre de la jeune banquière. Bardon, 51 ans, maintient son innocence et ses avocats ont sollicité ces nouvelles analyses en raison des avancées technologiques depuis le procès en appel de 2021. Le procureur Jean-Philippe Vicentini a justifié cette décision par l’évolution des techniques d’analyse en matière de voix et de génétique, indiquant qu’il était pertinent de mener de nouvelles investigations. Les avocats de Bardon, Gabriel Dumenil, Marc Bailly et Stéphane Daquo, ont précisé que des analyses ADN seraient effectuées sur des éléments trouvés sur les lieux du crime, en utilisant des méthodes d’identification inédites à l’époque de l’enquête. L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a également recommandé de réanalyser la bande-son de l’appel passé par Elodie Kulik aux secours, où l’on peut entendre ses cris mêlés à deux voix masculines. Les nouvelles technologies pourraient permettre de déterminer si l’une de ces voix appartient à Willy Bardon. À l’issue de ces expertises, Bardon pourrait demander la révision de son procès. Les avocats de Bardon considèrent cette démarche comme une étape décisive pour prouver son innocence, tandis que l’avocat du père d’Elodie Kulik, Me Didier Seban, estime que cela ne remet pas en cause la conviction que Bardon est coauteur du meurtre. Elodie Kulik avait été enlevée dans sa voiture dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, après un accident mystérieux sur une route du département de la Somme. Son corps avait été retrouvé violé, tué et brûlé. L’enquête est restée sans avancées significatives pendant une décennie, jusqu’à l’identification d’un suspect, Grégory Wiart, grâce à une nouvelle technique d’analyse ADN, mais celui-ci était décédé entre-temps. Willy Bardon a été mis en cause après avoir été reconnu par plusieurs témoins sur l’enregistrement vocal, bien qu’aucune preuve scientifique formelle n’ait été retrouvée sur la scène du crime. Source : L’Alsace.
