Justice : Après les sanctions, le Synamag interpelle l’État sur ses manquements
Une semaine après le Conseil de discipline ayant sanctionné plusieurs magistrats, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a réagi en questionnant les responsabilités de l’État dans les dysfonctionnements de la justice. Dans un communiqué publié le 2 septembre, l’organisation, dirigée par Landry Abaga Essono, a critiqué le fonctionnement de l’institution judiciaire et a demandé la tenue immédiate du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
Le Synamag ne conteste pas le principe de responsabilité individuelle des magistrats, mais souligne que la dégradation de l’image de la justice gabonaise ne peut être uniquement attribuée à ceux qui la rendent. Le syndicat évoque des problèmes structurels, matériels et politiques, tels qu’un « sous-investissement chronique » et une tendance à privilégier les sanctions plutôt que les réformes.
Après le Conseil de discipline du 25 août, qui a vu plusieurs magistrats sanctionnés, certains jusqu’à la révocation, le Synamag a exprimé des réserves quant à la proportionnalité des peines. Il a proposé d’accompagner les magistrats souhaitant contester ces décisions devant le Conseil d’État.
Le syndicat met également en lumière l’état des infrastructures judiciaires, affirmant qu’en dehors du Palais de justice de Libreville, peu d’efforts ont été faits pour rénover ou construire des juridictions à travers le pays. Une promesse gouvernementale de rénovation, formulée un an auparavant, n’a pas été concrétisée.
L’urgence, selon le Synamag, est la tenue de la session ordinaire du CSM, qui aurait dû se tenir durant la première quinzaine de juillet. À l’approche de la rentrée judiciaire, de nombreux magistrats ne savent toujours pas où ils exerceront. Ce retard a des implications pratiques, affectant des déménagements, des logements, et même la scolarisation des enfants.
Le syndicat a également soulevé des préoccupations concernant l’absence des textes d’application du Statut des magistrats, l’insécurité dans les juridictions, ainsi que le manque de traçabilité des recettes judiciaires. Des incidents récents, dont une tentative d’immolation au Palais de justice de Libreville, illustrent les enjeux de sécurité.
En conclusion, le Synamag appelle à une distinction entre les fautes individuelles des magistrats et les manquements structurels de l’institution. Alors que la justice est appelée à être irréprochable, l’État doit également assumer ses responsabilités dans le bon fonctionnement de cette institution.
Source : Gabonreview.com

