Glyphosate : la justice américaine écarte la responsabilité de Bayer sur l’absence de mise en garde
La Cour suprême des États-Unis a rendu son verdict le 25 juin, en faveur de Bayer, le géant allemand de l’agrochimie. Cette décision pourrait annuler des dizaines de milliers de plaintes concernant son herbicide phare, le Roundup, qui contient du glyphosate.
Sept des neuf juges ont conclu que Bayer ne pouvait être tenu responsable de l’absence d’avertissements concernant un éventuel risque de cancer associé à ses produits. Ils ont précisé que les autorités sanitaires américaines n’exigent pas de telles mises en garde, ne considérant pas le glyphosate comme cancérogène.
Le Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, est commercialisé par Monsanto, devenu une filiale de Bayer en 2018. Suite à cette décision, l’action de Bayer a grimpé de plus de 19 % à la Bourse de Francfort.
Les litiges liés au glyphosate ont coûté à Bayer plus de 10 milliards de dollars depuis 2018, et la société a provisionné plus de 8 milliards pour les procédures en cours. Bayer maintient que la science a démontré l’innocuité du glyphosate pour la santé humaine.
L’affaire a débuté avec une condamnation de Monsanto dans le Missouri, où John Durnell a reçu 1,25 million de dollars d’indemnisation après avoir développé un lymphome non hodgkinien, qu’il attribue à l’utilisation du désherbant pendant près de vingt ans. Cette décision a entraîné une vague de nouvelles plaintes, que Bayer cherche à faire rejeter.
Le gouvernement de Donald Trump avait soutenu Bayer lors de cette procédure, affirmant que le glyphosate est essentiel pour les agriculteurs américains. La Cour suprême a souligné que la loi fédérale oblige Monsanto à utiliser un étiquetage approuvé par l’EPA, sans mentionner de danger de cancer.
Actuellement, plus de 60 000 affaires sont en attente devant les tribunaux américains. L’avocat Brent Wisner, qui représente des plaignants depuis 2018, a déclaré que cette décision porte un « coup très dur à la capacité de demander des comptes aux entreprises ».
La réglementation du glyphosate est un sujet de controverse depuis des années. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS a classé le glyphosate comme « cancérogène probable ». En France, son utilisation domestique est interdite depuis fin 2018. Récemment, la Commission européenne a renouvelé son autorisation pour dix ans, affirmant qu’il n’a « aucun effet nocif sur la santé humaine ni aucun effet inacceptable sur l’environnement ».
Source : La Croix
