Une journée mémorielle pour les victimes de violences sexuelles au sein de l’Église catholique
Le diocèse d’Orléans organise, ce samedi 12 septembre 2026, une journée dédiée aux victimes de violences sexuelles commises dans le giron de l’Église catholique dans le Loiret.
Deux événements sont prévus : le matin à 10 heures à Meung-sur-Loire (Loiret), et l’après-midi à 15 heures à Orléans. Des plaques commémoratives seront dévoilées, au sein de la collégiale de Meung-sur-Loire, puis dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans.
« Nous avons co-construit cette journée avec des victimes. Le but est de se rappeler que des personnes ont beaucoup souffert, qu’elles souffrent encore aujourd’hui de ce qui leur est arrivé. Et si nous faisons cet acte mémoriel, c’est pour dire : plus jamais ça, il faut rendre la maison sûre », précise Monseigneur Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, lors d’une interview au journal télévisé ICI 19/20 en Centre-Val de Loire, mardi 8 septembre. « Depuis quelques années, nous essayons vraiment de faire la vérité. Ces personnes ont le droit d’être entendues, reconnues », a ajouté le prélat.
Cette journée intervient après plusieurs scandales dans le diocèse d’Orléans, notamment les agressions et viols commis par le prêtre Olivier de Scitivaux sur des mineurs de moins de 15 ans. Ces faits, signalés à l’église entre 1997 et 2000, n’ont pas entraîné de réaction de l’institution. Une procédure judiciaire n’a été ouverte qu’en 2018. En mai 2024, Olivier de Scitivaux a été condamné à 17 ans de réclusion. Plus récemment, en mars 2026, le père Alain Pressac a été condamné pour une agression commise en 2012 sur un adolescent de 15 ans.
Le « rapport Sauvé », publié en 2021, estime que 216 000 mineurs ont été victimes de prêtres, diacres et religieux en France depuis 1950. Cela fait de l’Église catholique le premier lieu d’abus sexuels sur mineur après le milieu familial. Près de 3000 pédocriminels ont été abrités, et parfois protégés, par une institution ecclésiastique soucieuse de se préserver du scandale.
Interrogé sur les actions entreprises par l’église pour éviter que de tels crimes se reproduisent, Monseigneur Blaquart indique que le diocèse a mis en place un service « protection éducation prévention », ainsi qu’un guide de conduite. Selon l’évêque, tous les camps de jeunes organisés par l’Église dans le Loiret sont désormais encadrés par des équipes éducatives formées aux questions de violences sexuelles.
L’initiative du diocèse d’Orléans n’est pas une première dans la région : en mars 2025, une plaque en mémoire des victimes de violences sexuelles dans l’Église a été inaugurée à l’intérieur de la basilique Saint-Martin de Tours.
Source : France 3 Régions

