Joséphine Granizo-Mouffok, 100 ans, figure emblématique du quartier de Bisséous.

Joséphine Granizo-Mouffok, 100 ans de force et d’amour dans son quartier de Bisséous

À Castres, Joséphine Granizo-Mouffok a fêté ses 100 ans le 26 août. Figure du quartier de Bisséous où elle vit depuis près de 65 ans, cette mère de sept garçons impressionne par une autonomie et une souplesse rares. Ancienne femme de ménage et lectrice historique de La Dépêche du Midi, la centenaire revient sur son histoire.

Dans son appartement à Bisséous, à deux pas du stade Pierre-Fabre, Joséphine Granizo-Mouffok se souvient avec précision de chaque recoin et chaque visage de ce quartier qu’elle habite depuis près de 65 ans. Arrivée à Castres après un parcours en campagne tarnaise, elle a d’abord vécu 36 ans dans les premiers bâtiments HLM avant de déménager à proximité, en raison des démolitions et du réaménagement du quartier.

Pour Joséphine, Bisséous représente bien plus qu’un simple ensemble d’immeubles ; c’est un véritable village. « Les gens, c’était la famille. L’été, quand il faisait chaud, on se retrouvait sur la pelouse en face jusqu’à minuit à rigoler et à raconter des histoires », se remémore-t-elle. Elle évoque avec nostalgie l’époque où la vie commerçante battait son plein au pied des tours : « Avant, on avait la pharmacie, l’épicerie, la boucherie. On avait tout sous la main ! »

À 100 ans, Joséphine impressionne par sa souplesse. Elle peut toucher ses orteils sans fléchir les genoux, une démonstration de sa forme physique remarquable. Ancienne femme de ménage, elle a élevé ses sept garçons (Hocine, Ismael, Ali, Youcef, Yami, Mokhtar et Gérard) presque seule, son mari travaillant à l’extérieur la semaine. Elle a également lutté pendant des décennies contre un handicap à la jambe, finalement corrigé il y a quelques années. « J’ai lutté, je ne me suis jamais laissée faire », confie-t-elle.

Aujourd’hui, Joséphine est grand-mère de sept petits-enfants et de deux arrière-petits-enfants. Elle maintient une routine quotidienne, préparant elle-même ses repas. Bien que des infirmières l’assistent et que ses fils l’aident pour les courses, elle conserve son rôle de matriarche. Tous les samedis matin, plusieurs de ses fils viennent chez elle pour partager un café et déguster ses fameuses crêpes traditionnelles. L’idée d’une installation en structure médicalisée est inacceptable pour sa famille.

Fidèle lectrice de La Dépêche du Midi, Joséphine a réuni sa grande famille pour célébrer son centenaire lors d’un repas à La Bombardière, marquant un siècle de vie riche en expériences et en valeurs familiales.

Source : La Dépêche du Midi

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