JOJ Dakar 2026 : Bassirou Diomaye Faye enfonce Marie Khone Faye dans la polémique
L’annonce, samedi, d’une contribution de 500 millions de FCFA de la Fondation Nationale Sénégal Solidaire pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse devait incarner un élan de solidarité nationale. Cependant, elle a plutôt rouvert un débat sur la place de la famille présidentielle dans la gestion des affaires publiques.
Lors du lancement de l’initiative « Dundal JOJ », le président Bassirou Diomaye Faye a déclaré que les fonds serviront à l’achat de billets, avec 200 000 tickets destinés aux écoles et associations, afin que les enfants des quartiers défavorisés puissent vivre l’événement au même titre que les autres.
La formule employée par le président a suscité des interrogations : « la Première dame m’a chargé de vous dire qu’elle contribuera à hauteur de 500 millions ». Plusieurs observateurs y ont vu un écho à une célèbre réplique d’Abdoulaye Wade à son fils Karim, qui a ensuite occupé un poste ministériel. Ce parallèle soulève des questions sur un éventuel rôle informel de la famille présidentielle dans les affaires de l’État.
Une autre préoccupation concerne l’origine des fonds. La Fondation Sénégal Solidaire, créée par décret le 10 octobre 2025, ne figure pas au budget de l’État, ses financements devant provenir de partenaires extérieurs non précisés. Les critiques se demandent comment une structure aussi récente peut mobiliser une telle somme et auprès de qui.
La polémique touche également le camp présidentiel. Le député Guy Marius Sagna, du parti au pouvoir Pastef, a dénoncé un « recyclage des pratiques antérieures » et a exprimé des craintes quant à la perception d’enrichissement de la famille présidentielle. Il demande un encadrement légal des fonds sociaux et politiques, soulignant que l’absence de règles précises nourrit la méfiance envers les institutions.
L’annonce de cette contribution intervient dans un contexte de tension économique au Sénégal, marqué par des manifestations contre la vie chère et des discussions avec le FMI. Cela rend d’autant plus sensibles les perceptions d’opacité autour de l’argent public ou parapublic. Les défenseurs de la Fondation soutiennent sa flexibilité pour lever des ressources rapidement et promettent des commissaires aux comptes indépendants ainsi qu’un rapport financier conforme à la loi.
Source : Senenews

