John Cockerill Hydrogen : un an après McPhy, le pari français de l'hydrogène prend forme à Belfort

John Cockerill Hydrogen : un an après McPhy, le pari français de l’hydrogène prend forme à Belfort

REPORTAGE – Réputé pour ses activités dans la défense, le groupe belge John Cockerill s’active parallèlement dans le secteur de l’hydrogène. Il vient de produire dans son usine de Belfort son premier électrolyseur à partir d’éléments fabriqués en France. Le groupe attend désormais un soutien public clair de la part de l’Europe pour pleinement développer un marché encore fragile.

Il y a un an, le tribunal de commerce de Belfort a attribué les actifs de McPhy à John Cockerill, qui est reconnu pour son expertise dans la défense et possède la société française Arquus depuis près de 12 mois. Le défi était de préserver un savoir-faire reconnu tout en lui donnant une nouvelle dimension industrielle, malgré un manque d’expérience dans le domaine de l’hydrogène.

Au 10 juillet, sur le site de Belfort, spécialisé dans la recherche et développement ainsi que l’assemblage des stacks polymères, les équipes de John Cockerill Hydrogen ont assemblé leur premier électrolyseur. Parallèlement, à Aspach, en Alsace, où les composants de ces électrolyseurs sont produits de manière automatisée, le groupe a lancé la fabrication d’équipements pour un projet de 40 mégawatts (MW) aux Pays-Bas, après une première livraison de 25 MW en Belgique.

John Cockerill, qui emploie plus de 8 200 salariés à travers le monde pour un chiffre d’affaires de 1,65 milliard d’euros, a investi entre 10 et 20 millions d’euros dans les nouveaux équipements de Belfort et déploie 100 millions d’euros sur son usine alsacienne, dont 76 millions ont déjà été engagés depuis 2021.

Nicolas de Coignac, vice-président exécutif du groupe, souligne que l’hydrogène représente une continuité naturelle de leurs métiers, en s’appuyant sur des compétences en matériaux, électrochimie et électronique. Des acteurs de la défense montrent également un intérêt croissant pour ces savoir-faire, plusieurs armées travaillant sur des projets de carburants de synthèse à partir d’hydrogène pour renforcer leur autonomie énergétique.

Contrairement à McPhy, qui a été fragilisée par les retournements du marché, John Cockerill revendique la solidité d’un groupe industriel bicentenaire.

Source : La Tribune

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