L’Océanide : Une Institution sur la Plage du Porge

Sur la plage du Porge, en Gironde, l’Océanide est une véritable institution. Depuis trente-six ans, Joëlle Lesueur gère cette cabane de restauration, devenue emblème du lieu. Cependant, cette belle histoire est sur le point de connaître une fin.

Le petit container noir de l’Océanide, modeste à côté du bâtiment des nageurs sauveteurs, est pourtant tout aussi essentiel pour les habitués de cette station balnéaire située au-dessus du bassin d’Arcachon. Joëlle Lesueur, qui a débuté comme plongeuse, a hérité de la concession de la cabane à la retraite des anciens propriétaires. Aujourd’hui, elle ouvre son établissement une grande partie de l’année, même en dehors de la saison estivale.

« Je démarre autour du premier mai, jusqu’à fin octobre. Les gens me disent : “Il n’y a personne en octobre.” Mais ce n’est pas grave, je viens, je suis à ma cabane et j’attends tous les soirs le coucher de soleil », raconte Joëlle Lesueur.

L’Océanide est reconnue par tous comme un lieu central de la communauté. Yohann Tranvouez, maître nageur sauveteur, la décrit comme « l’âme, l’emblème de la plage ». Samuel, un jeune surfeur, ajoute que le soir, « on se retrouve tous chez elle pour boire une bière avec les sauveteurs, les saisonniers ».

Au fil des années, Joëlle a tissé des liens forts avec les locaux et les vacanciers, devenant leur confidente. Elle est également un point de vigilance important sur la plage, surtout pendant les périodes non surveillées. En 2020, sa vigilance lui a valu une médaille pour avoir alerté les sauveteurs sur des baigneurs en difficulté.

Pourtant, l’avenir de l’Océanide est incertain. En raison de la loi sur le littoral, qui vise à limiter l’érosion et à préserver les dunes, les concessions de plage ne sont plus tolérées. Bien que la fermeture de l’établissement ait été initialement prévue pour 2026, Joëlle Lesueur a obtenu une dérogation, permettant à l’Océanide de rester ouverte jusqu’à fin 2028.

« Ça me chagrine énormément », témoigne une habituée. « C’est quelque chose qu’on a du mal à imaginer. » Malgré l’incertitude, Joëlle continue de se réjouir de son travail : « 36 ans, ça passe vite. J’aime être là, face à la mer. Je ne pourrais pas bosser ailleurs. »

Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *