13,8 milliards sur la table, l’État abat-il ses cartes ?
L’État gabonais a récemment créé la Gabonaise des Jeux (GDJ) pour mettre fin à l’opacité d’un secteur longtemps jugé incontrôlable. Ce mois-ci, la nouvelle société publique a tenu son premier conseil d’administration sans publier de chiffres, marquant ainsi un premier test pour une entreprise dont la mission est d’apporter plus de transparence dans ce domaine.
L’État prévoit des recettes de près de 1,3 milliard de FCFA en 2026 grâce à la taxe sur les paris et jeux de hasard, un chiffre inscrit dans la loi de finances. Cependant, les comptes de la GDJ n’ont pas encore été communiqués.
Le 7 août dernier, la GDJ a adopté son plan stratégique, ses budgets et son règlement intérieur, lui permettant ainsi de démarrer ses activités. L’attente est forte, car la GDJ a été présentée comme l’instrument de la transparence promise par l’État.
Il y a un an, le gouvernement avait souligné l’absence de surveillance dans le secteur des jeux, avec des opérateurs illégaux et des flux financiers difficiles à tracer. Une entreprise, e-Tech, avait été chargée de centraliser les transactions de jeux. Cependant, fin décembre 2025, l’État a décidé de reprendre le contrôle en créant la GDJ, avec l’objectif de mieux suivre les flux financiers.
Le montant que l’État espère encaisser en 2026 ne reflète que la partie déclarée du secteur, sans indiquer le volume réel des mises ni ce qui échappe aux circuits officiels. La création de la GDJ visait à clarifier cette situation, mais cette clarté reste à prouver.
Un appel à candidatures a été lancé pour sélectionner les opérateurs autorisés à poursuivre leurs activités. Plusieurs questions demeurent sans réponse : quelles entreprises ont été retenues, quel est le coût d’une licence, et quelle part des revenus sera reversée à l’État via la GDJ ? Le rôle d’e-Tech dans ce nouveau cadre reste également flou.
Le président du conseil d’administration, Bonjean Mbandza, a lié la création de la GDJ à la volonté du président Brice Clotaire Oligui Nguema, soulignant que cela représente une question de souveraineté nationale. Le directeur général, Roméo Fabrice Nguema Ondo, a ajouté que la GDJ incarne les ambitions d’un État fort et souverain.
L’ambition de la GDJ est claire : réduire le nombre d’opérateurs clandestins, tracer davantage de flux financiers et augmenter les recettes pour l’État. Pour cela, la publication des budgets, la liste des opérateurs autorisés et le montant réel des mises seront cruciaux pour prouver cette ambition.
(Source : Gabonreview.com)



