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L’horizon bouché de la jeunesse marocaine

Des milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer fin juillet, tentant de rejoindre à la nage l’enclave espagnole de Ceuta. Ces jeunes, âgés de 19 à 30 ans, travaillent, étudient, et certains détiennent des diplômes, mais se heurtent à des salaires très bas, à la hausse du coût de la vie et à l’impossibilité de quitter le pays légalement. Cette situation les pousse à envisager un avenir sombre au Maroc, résumant leur condition à un « horizon bouché », selon Le Monde Afrique.

Le parcours d’Othman, 27 ans, est emblématique de cette détresse. Titulaire d’un master en économie et finance, il a d’abord travaillé comme téléconseiller à Casablanca pour un salaire de 4 000 dirhams par mois. Après avoir dû retourner vivre chez ses parents à Fnideq, il est devenu serveur, ne gagnant que 3 500 dirhams. « Je prends de l’âge, mais je reste dépendant de mes parents. Comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ? » s’interroge-t-il. Ce sentiment d’impuissance est partagé par de nombreux jeunes, avec plus de 43 % des diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupant un emploi en dessous de leur niveau de formation, selon un rapport de la Banque mondiale.

Un pays pourtant en pleine expansion

Malgré ces défis, le Maroc affiche des indicateurs économiques positifs. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, avec des investissements en hausse de 16,3 % et des investissements directs étrangers augmentant de 74,3 %. Le secteur touristique a également connu un essor, attirant près de 20 millions de visiteurs. Cependant, Jeune Afrique souligne que ces chiffres cachent des inégalités croissantes. Le chômage chez les jeunes atteint 37,2 %, et le pays peine à transformer ces investissements en emplois effectifs.

Friction sécuritaire

La situation à Ceuta est également marquée par des tensions géopolitiques. Selon le site Le 360, les enclaves de Ceuta et Melilla sont des vestiges d’une époque révolue, engendrant des frictions sécuritaires. Les migrants tentant de traverser la frontière ne sont pas majoritairement marocains : 60 % d’entre eux sont des Algériens, tandis que 35 % sont des Marocains, attirés par des rumeurs de régularisation.

Offrir des opportunités

Des voix s’élèvent pour souligner l’importance de donner des perspectives à la jeunesse. Dans un éditorial, Hespress appelle à prolonger la dynamique économique en faisant des jeunes les principaux bénéficiaires de cette transformation. L’emploi, la qualité de l’éducation et de la formation, ainsi que l’entrepreneuriat doivent devenir des priorités pour éviter que ceux qui cherchent à fuir ne trouvent des raisons de le faire.

Sources : Le Monde Afrique, Jeune Afrique, Le 360, Hespress

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