Jens Spahn démissionne après la naissance de son enfant par GPA aux États-Unis
Attaqué au sein de son propre camp pour avoir eu un enfant via une grossesse pour autrui (GPA) aux États-Unis, alors que cette pratique est interdite en Allemagne, Jens Spahn, chef des députés conservateurs allemands, a annoncé sa démission samedi. Dans une lettre adressée à son groupe, il a déclaré : « Ces derniers jours, j’ai compris que mon bonheur personnel, qui consiste à fonder une famille avec mon mari et à devenir père, est incompatible avec ma fonction politique. »
La CDU, le parti de Jens Spahn et du chancelier Friedrich Merz, s’oppose fermement à la gestation pour autrui et a récemment voté, lors d’un congrès en février, pour maintenir l’interdiction en vigueur en Allemagne.
L’annonce de la naissance de l’enfant a immédiatement suscité des critiques au sein de la CDU, avec des appels à la démission de M. Spahn et des accusations d’hypocrisie. Jens Spahn a tenté de justifier sa décision lors d’une interview en podcast accordée au quotidien Bild, affirmant qu’il avait longtemps été en proie à un conflit intérieur sur cette question avant de finalement opter pour cette méthode.
Le chancelier Merz a quant à lui refusé de commenter publiquement la décision de Spahn, tout en indiquant que la question serait débattue par le comité exécutif national du parti. Il a également affirmé ne voir « aucune raison » de modifier la législation allemande sur la GPA.
Agé de 46 ans, Jens Spahn a été ministre de la Santé durant la pandémie de Covid-19 sous le gouvernement d’Angela Merkel. Il s’est imposé comme une figure de proue de l’aile droite de la CDU, prônant une ligne plus dure en matière d’immigration. Selon un responsable régional de la CDU, Daniel Peters, M. Spahn a « délibérément bafoué la loi allemande », ce qui a conduit à sa démission.
Le mari de Jens Spahn a annoncé la naissance de leur fils Georg, né d’une mère porteuse aux États-Unis. Le couple a précisé que celle-ci « fait désormais partie intégrante de la famille ».
La GPA est interdite en Allemagne, même si la justice reconnaît depuis 2014 les filiations légalement établies à l’étranger dans certaines circonstances. Des voix s’élèvent pour dénoncer le comportement « deux poids, deux mes » du député, qui n’a pas milité pour la légalisation de la GPA en Allemagne.
La polémique dépasse la CDU, avec des demandes d’explications du chef des Verts, Felix Banaszak, et des appels à une réforme du droit de la filiation par la commissaire du gouvernement chargée de l’acceptation de la diversité sexuelle, Sophie Koch (SPD). Selon la législation actuelle, seule la femme accouchant est automatiquement reconnue comme mère pour les couples lesbiens.
Source : Agence France Presse.