PORTRAIT.

Tout change : Jean-Marc Vialars, l’œil critique du buraliste aux 40 ans d’expérience à Auch

Après 43 ans passés à Auch derrière le comptoir de son bureau de tabac situé au 8 avenue Alsace, Jean-Marc Vialars est un témoin privilégié des évolutions de son métier et du monde qui l’entoure. Entre cigarette électronique, colis et CBD, il partage sa vision de la recette d’un buraliste pour survivre face à la concurrence, tant légale qu’illégale.

Souriant et détaché, Jean-Marc Vialars affiche un regard affûté sur les changements sociétaux. En évoquant son métier, il s’appuie sur plus de quarante ans d’expérience. Dans sa boutique, une collection d’articles cadeaux, allant des sculptures de métal aux pipes, témoigne d’une époque révolue, mais toujours appréciée par certains clients.

Au pied des vitrines, une cinquantaine de paquets attendent leurs destinataires, avec des pics pouvant atteindre 70 paquets par jour durant les fêtes. Installé à Auch depuis 1983, il souligne la nécessité de s’adapter aux nouvelles tendances : « Tout change ». Les fumeurs de tabac brun laissent place aux vapoteurs et aux amateurs de CBD, un produit en vente libre pour ses prétendues « vertus apaisantes ».

Jean-Marc Vialars, fidèle à sa pipe, observe que même la chaleur estivale booste les ventes de boissons fraîches. Cependant, il constate une pression croissante sur son secteur, due aux ventes transfrontalières et en ligne, qui impactent les parts de marché. « Les ventes illégales et le tourisme fiscal », souligne-t-il, nuisent aux buralistes comme lui.

D’après Jean-Marc Vialars, la France comptait autrefois 50 000 bureaux de tabac, mais il n’en reste aujourd’hui que 22 000 à 23 000. Les jeux à gratter continuent d’attirer les clients, mais le tabac représente encore 70 à 80 % de son chiffre d’affaires. Face à la fermeture de nombreux magasins, il s’efforce de maintenir son activité.

À 64 ans, la retraite n’est pas encore à l’ordre du jour pour lui. Comme pour sa collection de disques vinyles, il reste convaincu que le monde a encore beaucoup à offrir. « Les Belges m’ont foutu dedans », plaisante un client, évoquant un match de football, illustrant ainsi la vie qui continue dans sa boutique.

Jean-Marc Vialars aborde ces défis avec philosophie, conscient que certaines choses demeurent plus importantes que d’autres dans la vie.

Source : La Dépêche

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