Un homme de conviction qui connaissait les risques : Jean Gabin et son engagement durant la Seconde Guerre mondiale
Jean Gabin, figure emblématique du cinéma français, a fait le choix de mettre sa carrière entre parenthèses pour rejoindre les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale. Son fils, Mathias Moncorgé, a récemment évoqué cet engagement, soulignant que Gabin parlait peu de cette période, la considérant comme un devoir.
Avant de retrouver les plateaux de cinéma, Gabin, déjà célèbre pour des films tels que La Grande illusion, Le Quai des brumes et Le Jour se lève, a quitté la France occupée pour les États-Unis, où il a travaillé pour la Metro-Goldwyn-Mayer. Cependant, l’exil ne lui convenait pas. Selon son fils, Gabin a refusé de tourner pour les Allemands et, en 1943, a décidé de s’engager pour défendre son pays.
Il intègre les Forces Françaises Libres, repoussant les offres de postes à l’arrière, affirmant vouloir se battre comme les autres. Mathias Moncorgé précise que son père était déterminé à ne pas rester spectateur d’un conflit qu’il avait déjà connu lors de la Première Guerre mondiale.
Au sein de la 2e division blindée, Gabin a suivi un entraînement militaire et a été mobilisé lors des opérations autour de la poche de Royan en avril 1945. Bien qu’il n’ait pas combattu directement, son unité était prête à intervenir. Environ 25 000 hommes ont participé à ces opérations, faisant de Gabin l’une des rares célébrités à s’être battue sur le territoire français.
Reconnu par certains soldats, Gabin a tenu à séparer son identité d’acteur de celle de soldat, affirmant que « Jean Gabin est resté à Hollywood, c’est Jean Moncorgé qui se bat ici ». Cette distinction montre son engagement sincère, loin des projecteurs.
Après 23 mois de service, Gabin a repris sa carrière, mais cette expérience l’a marqué. Il a choisi de ne plus incarner de militaire à l’écran, affirmant que « la guerre, ce n’est pas du cinéma ». Cette décision témoigne de son respect pour le devoir accompli et de son désir de ne pas glorifier une expérience qu’il considérait comme sérieuse et nécessaire.
La ville de Royan a d’ailleurs prévu de rendre hommage à son engagement en nommant une salle de spectacle d’après Jean Gabin.
Source : Actus Ciné


