Une substance inconnue a été détectée à la surface de Pluton et de Titan. Mais après plusieurs analyses, elle reste impossible à identifier avec certitude, ce qui rend les scientifiques perplexes.
Les observations d’astres lointains comme Pluton et Titan sont souvent limitées par la qualité d’imagerie. Pluton, par exemple, apparaît comme une série de pixels flous depuis la Terre, tandis que Titan, le plus grand satellite de Saturne, est enveloppé d’une atmosphère épaisse qui rend difficile toute observation directe.
Pour surmonter ces limitations, les astronomes utilisent la spectroscopie, qui consiste à analyser la lumière réfléchie par ces corps célestes pour déduire la composition moléculaire. Cette méthode a été appliquée par le télescope spatial James Webb, qui a récemment révélé des résultats surprenants.
Une découverte inattendue
Une étude prépubliée sur ArXiv, relayée par NewScientist, a mis en lumière une absorption d’une longueur d’onde de lumière identique sur Titan et Pluton, suggérant la présence d’une substance mystérieuse. Les chercheurs, dont plusieurs Français, n’ont pas pu identifier les molécules responsables de cette absorption.
Cette découverte a été rendue possible grâce à deux instruments du James Webb : le spectromètre NIRSpec, qui observe dans le proche infrarouge, et la caméra MIRI, qui analyse les atmosphères dans l’infrarouge moyen. Malgré leurs différences, les deux astres semblent partager cette substance non identifiée.
Un mystère à élucider
Les chercheurs ont identifié quelques similarités, comme des particules de brume et certaines formes de glace présentes dans les atmosphères de Titan et Pluton. Cependant, aucune de ces hypothèses ne correspondait à la longueur d’onde observée, laissant les scientifiques perplexes. Ils concluent qu’il pourrait s’agir d’un mélange complexe de molécules, influencé par les conditions de température et de pression de chaque astre.
Pour approfondir cette recherche, des observations supplémentaires avec le James Webb sont déjà en cours. Les scientifiques espèrent ainsi localiser précisément cette substance. De plus, une approche expérimentale en laboratoire pourrait permettre de reproduire cette substance et d’en comprendre les mécanismes de formation.
La sonde Dragonfly, prévue pour être lancée en 2028, pourrait également offrir de nouvelles perspectives en se posant sur Titan pour réaliser des analyses directes.
Source : NewScientist, ArXiv
